14/09/2008

Apothéose de Dada-Zurich

 

dada45 [web520]Le 9 avril 1919, une grande soirée dada est organisée dans le Saal der Kaufleute: cette soirée marqua l'apogée et la fin de Dada à Zurich. Voici le programme de cette soirée:
 

Eggeling présente d'abord une conférence (très sérieuse) sur la structure élé­mentaire de l'art abstrait. Suzanne Perottet danse ensuite sur des compositions musicales de Schönberg, de Satie et autres; les masques qu'elle porte sont de Janco. 

Dès la lecture par Wulff de poèmes de Kandinsky et d' Huelsenbeck, les rires commencent à se faire entendre. Une vingtaine de personnes interprètent alors le poème simultané "La Fièvre du Mâle" de Tristan Tzara. Les hurlements les sifflements et les rires du public ne tardent pas à éclater, mais sont bientôt calmés par l'entracte.

 

Dès la reprise du spectacle, Hans Richter, qui fait une allocution intitulée "Contre, sans, pour Dada" doit subir les insultes des spectateurs. Les pièces musicales ou anti-musicales de Hans Heusser ne provoquent que de faibles protestations de même que les danses et les lectures de poèmes qui suivent.

 

Entre alors en scène Walter Serner, assis à califourchon sur une chaise, à côté d'un mannequin et d'un bouquet de fleurs, le dos tourné vers le public, Semer récite des extraits de sa "Letzte Lockerung", la pro­fession de foi anarchiste dada. Il n'en faut pas plus pour que le chahut se déclare et que les insultes fusent de toutes parts. Le tumulte couvre bientôt la voix de Semer que l'on entend prononcer de temps en temps la phrases "Napoléon aussi était un beau goujat". Le spectacle dégénère rapidement.

 

Quoique non moins provocante, la troisième partie du spectacle se déroule sans encombres…

 

En octobre 1919, Tristan Tzara, Otto Plake et Walter Semer publient la revue Der Zeltweg, beaucoup moins violente que Dada. C'est le dernier résidu de l'activité dadaïste de Zurich.

Photo: couverture de Dada 4-5 avec un dessin de Francis Picabia

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