21/09/2008

Kurt Schwitters

portrait schwitters1Le mouvement dada de Hanovre fut principalement et presque uniquement dominé par la personnalité de Kurt Schwitters dont l'activité débordante s'étendait dans tous les domaines: peinture, poésie, collage et sculpture. 

Schwitters fut l'un des premiers à composer des tableaux à l'aide de dé­chets, billets de tramway, enveloppes, papiers à fromage, bagues de cigare, semelles déchirées, rubans, fils de fer, plumes, torchons, etc.. De là naquit le style qu'il appelait Merz, nom que l'on retrouve dans la plupart de ses oeuvres.

 merz picture 32A - The Cherry Picture 1921 [web520]


Kurt Schwitters: Peinture Merz 32A - Peinture à la cerise - 1921.

Brillant récitant, Schwitters s'intéressa également à la poésie et composa l'Ur-Sonate basée sur un poème phonétique de Hausmann intitulé Rfmsbwe.

C'est en 1915, chez Mme Kiepenheuer à Postdam, qu'il lut pour la première fois son Ur-Sonate devant un public distingué et ignorant de tout ce qui était moderne. Les sifflements, les cris et les croassements de l'Ur-Sonate finirent par déclencher le fou rire parmi le public qui ne cacha pas son admiration. 

Kurt Schwitters voyagea alors en Hollande en compagnie de Van Doesburg qui y faisait alors une tournée de conférences. Dans le public, Schwitters se contentait d'imiter l'aboiement d'un chien. 

C'est toujours avec Van Doesburg qu'il voyagea en Suisse et en France puis, avec Hausmann à Leipzig et à Prague. Toutes les oeuvres qu'il composait, assemblages de mots ou de formes, poèmes faits de chiffres, essais et épopées, étaient sa­vamment construits, de façon presque mathématique.

 Prikken paa i en 1939 [web520]


Kurt Schwitters: Prikken paa i en - 1939.

Comme on le voit, l'activité débordante de Schwitters s'étendait avec succès dans tous les domaines. S'intéressant aussi à la typographie, ainsi qu'au style futuriste de Dada, il publia des revues, des tracts, des invitations, des affiches, des livres et même des cartes postales, le tout dans un style Merz évidemment. 

Hans Richter dit de lui: 

Il collait, clouait, faisait des poèmes, de la typogra­phie, vendait, imprimait, composait, faisait des collages, déclamait, sifflait, aboyait, aimait sans tenir compte de l'individu, du public, d'une technique quelconque, de l'art traditionnel et de lui-même. Il fit de tout, et, presque toujours tout en même temps. 

Mais l'oeuvre principale de Schwitters fut sa célèbre colonne, objet sacré par dessus tout: la Schwitters-Saüle, malheureusement disparue aujourd'hui. C'est dans une pièce de sa propre habitation qu'il modifiait de jour en jour cette structure faite de formes concaves et de formes convexes. Dans cette colonne, il réservait une caverne pour chacun de ses amis et y plaçait les objets les plus inattendus leur ayant appartenu: mèches de chevaux, dents, ongles, lacets, cigarettes, cravates et même une bouteille d'urine... Pour pouvoir agrandir à sa guise cette sculpture envahissante, il fit même percer le plafond de la pièce qui lui était réservée...

 The cathedral of erotic misery - Merzbau - hanovre 1924-1937 [web520]


Kurt Schwitters: The Cathedral of Erotic Misery - Merzbau - Hanovre - 1924-1937.

Pendant la guerre, Schwitters prit un malin plaisir à tromper les autori­tés en envoyant régulièrement et clandestinement des microfilms à son ami Tristan Tzara.  

C'est en Angleterre qu'il fuit le nazisme et, dans une grange de Westmoreland, il entreprit de décorer un énorme pan de mur à l'aide de collages. Ce mur est aujourd'hui transféré à Newcastle. 

Kurt Schwitters mourut en 1948.

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Kurt Schwitter.

19:00 Écrit par Lucky dans 04 Dada-Hanovre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kurt schwitters |  Facebook |

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