24/09/2008

Dadaphone

dadaphone 7 [web520]


Dadaphone n°7

Le 27 mars 1920, le N° 7 de la revue Dada baptisée DADAphone donne lieu à une grande manifestation au Théâtre de l'Oeuvre ou cours de laquelle on présente des oeuvres telles que La Première Aventure Céleste de Monsieur Antipyrine de Tzara, Le Servin Muet de Eibemont-Dessaigne, S'il vous plait de Breton et Soupault, Le Ventriloque déssaccordé de Paul Dermée et le Manifeste Cannibale dans l'Obscurité de Picabia (lu par Breton) dont voici un large extrait:
 

Tous êtes accusés, levez-vous. L'orateur ne peut vous parler que si vous êtes debout.

Debout comme pour la Marseillaise,
debout Gomme pour l'hymne russe,
debout comme pour le God save the King,
debout comme devant le drapeau.
Enfin debout devant dada qui représente la vie et qui vous accuse de tout aimer par snobisme du moment que cela coûte cher
Vous vous êtes tous rassis? Tant mieux, comme cela vous allez m'écouter avec plus d'attention.
Que faites-vous ici, parqués comme des huîtres sérieuses - car vous êtes sérieux, n'est-ce pas?
Sérieux, sérieux, sérieux jusqu'à la mort.
La mort est une chose sérieuse, hein?
On meurt en héros ou en idiot, ce qui est la même chose.
Le seul mot qui ne soit pas éphémère c'est le mot mort. Vous aimez la mort pour les autres.
A mort, à mort, à mort.
Il n'y a que l'argent qui ne meurt pas, il part seulement en voyage.
C'est le Dieu, celui qu'on respecte, le personnage sérieux - argent respect des familles. Honneur, honneur de l'argent; l'homme qui a de l'argent est un homme honorable.
L'honneur s'achète et se vend comme le cul. Le cul, le oui représente la vie représente la vie comme les pommes frites, et vous tous qui êtes sérieux, vous sentirez plus mauvais que la merde de vache.
DADA lui ne sent rien, il n'est rien, rien, rien.
Il est comme vos espoirs:rien
comme vos paradis: rien
comme vos idoles: rien
comme vos hommes politiques: rien
comme vos héros: rien
comme vos artistes: rien
comme vos religions: rien
Sifflez, criez, cassez-moi la gueule et puis et puis? Je vous dirai encore que vous êtes tous des poires. Dans trois mois, nous vous vendrons, mes amis et moi, nos tableaux pour quelques francs.  

Extrait de Dada N°7, DADAphone, Paris, 1920. 

Le 26 mai 1920, le mouvement atteignit son apogée avec la manifesta­tion monstre de la Salle Gaveau. On avait annoncé que les dadaïstes se couperaient mutuellement les cheveux sur la scène et le public, voulant maintenant participer directement à ce genre de manifestation, s'était muni des projectiles les plus divers. Mme Gaveau, craignant pour sa salle, mani­festa son mécontentement de même qu'André Breton: ce dernier devait en effet interpréter des oeuvres de Tzara qui craignait le public et, de plus, détestant par dessus tout la musique, il devait supporter la Symphonie à la Vaseline du même Tzara. Le spectacle obtint cependant un énorme succès auprès des mouvements littéraires et même dans les salons où on commençait enfin à parler de Dada.

19:00 Écrit par Lucky dans 06 Dada-Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : francis picabia |  Facebook |

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