01/10/2008

Les débuts du surréalisme

Le surréalisme, l'un des derniers mouvements révolutionnaire du XXe siècle, s'intéresse autant à la philosophie, à la politique, à la poésie qu'aux arts plastiques, mais réserve à ceux-ci une place importante. Si le surréalisme est né des résidus de dada, il a aussi subi l'influence considérable du romantisme.  

Alfred de Vigny voulait déjà donner à son oeuvre un sens philosophique. Victor Hugo suggérait "le mystère de la vie" selon l'expression de Baudelaire qui, lui, recherchait l'ivresse dans ses "paradis artificiels". Rimbaud, qui "n'a fait qu'exprimer, avec une vigueur surprenante, un trouble que sans doute des milliers de générations n'avaient pas évité" (Breton) refuse de s'accommoder des hypocrisies sociales et montre à l'homme les laideurs de la vie quotidienne. La révolte de Lautréamont nous fait découvrir un monde de terreur et de violence dans ses Chants de Maldoror où éclate une fantaisie démoniaque.  

Tout ce renouvellement des conceptions qui mettent en échec le rationa­lisme fut donc des plus profitable à l'élaboration des théories surréalistes.  

Bien avant Freud, dont les théories influencèrent beaucoup les sur­réalistes, le philosophe Bergson attira déjà l'attention sur le rêve, les phénomènes de télépathie et les diverses autres manifestations rationnelles du psychisme. Vers la même époque, de nombreux ouvrages spécialisés traitaient aussi des maladies mentales et de leur influence sur le ca­ractère de l'homme et sur sa destinée.  

En peinture, bien avant l'éclosion du surréalisme, de nombreux artistes ressentirent ce même besoin de merveilleux et de fantastique: tels sont Breughel, Bosch, Archimboldo, Goya et, plus près de nous, Victor Hugo dans la plupart de tous ses dessins. Les peintres naïfs, tels que Henri Rousseau, et les artistes du groupe d'Art Brut ressentirent eux aussi le même besoin. Quant à Giorgio de Chirico, l'un des premiers surréalistes, il eut lui aussi une influence sur de nombreux peintres surréalistes.  

Le même phénomène se manifesta en littérature où de nombreux écri­vains annonçaient déjà, par leur style, ce grand mouvement qui allait bouleverser l'art du XXe siècle. Apollinaire, surtout dans Zone, recherchait l'imprévu et mêlait les images disparates. Alfred Jarry, le "père" d'Ubu, s'attaquait constamment à toutes les conventions bourgeoises. 

vaché lettres de guerre


Jacques Vaché: Lettres de Guerre - 1919.
Jacques Vaché, qui, en 1919, publiait Lettres de Guerre était persuadé de "l'inutilité théâtrale (et sans joie) de tout" et traduisait son ennui en agressivité contre les "pohètes".
 

Maître dans l'art d'attacher très peu d'importance à toutes choses, il repousse du pied l'oeuvre d'art, ce boulet qui retient l'âme après la mort. 

André Breton. 

Son style était di­rectement imité de Rimbaud qu'il n'aimait d'ailleurs pas. Vaché eut une influence considérable sur André Breton qui affirme: 

Sans lui j'aurai peut-être été poète; il a déjoué en moi ce complot des forces obscures qui mène à croire quelque chose d'aussi absurde qu'une vocation. 

Arthur Cravan, boxeur professionnel dont l'humour audacieux ne cessa de se manifester, fit paraître de 1912 à 1915 la revue Maintenant. Pour tour­ner en dérision les librairies traditionnelles, il vendait lui-même les exemplaires de sa revue dans une charrette des quatre saisons.  

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Pierre-Albert Birot: Autoportrait.


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La revue Sic de Pierre-Albert Birot.

En 1916, la revue Sic, dirigée par Pierre-Albert Birot, manifeste des tendances futuristes en chantant le rythme trépidant des villes.

Pierre Reverdy fonde en 1917 la revue Nord-Sud à laquelle collaborent Apollinaire, Max Jacob et Louis Aragon.

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Premier numéro de la revue Nord-Sud dédié à Maurice Saillet - 1917.

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