28/10/2008

Hans Arp: L'éléphant tyrolien.

L'ELEPHANT TYROLIEN. 

II crie, il grince, l'éléphant tyrolien et la grand'mère de caout­chouc frappent le piano de la mort. Ils frappent à tour de bras sans relâche à tout casser. Ils écument, ils transpirent. Leurs pattes trans­forment le piano de la mort en fer rasé. Comme ils n'ont finalement plus rien du piano sous leurs mains, ils frottent les milliards du temps, accumulent dans des zeppelins des tripes électriques, couronnent des mouches et mangent des petits enfants salés, des oranges au phosphore et de la marmelade d'avions. La grand'mère de caoutchouc fume un ciga­re grand comme une grand'mère. Elle pousse des cris joyeux. La grand'mère de caoutchouc a du sex-appeal et à son appel le champignon diabolique et parfumé se jette dans un élan terrifiant sur la grand'mère de caout­chouc qu'il lèche sans relâche, à tour de bras. N'as-tu plus rien sous la bouche? Le plaisir est grand. La grand'mère grandit. Continue, champi­gnon diabolique et parfumé! Continue! Dépasse-toi, crocodile terrifiant et sucré! La joie est grande. L'éléphant tyrolien est diplomate. Il ne dit que coin, coin, coin. Mais comme le champignon diabolique et parfumé ne se dépasse pas, la grand'mère de caoutchouc le jette comme une mouche sans pattes dans un lac de cambouis en grinçant. Marmelade, marmelade, tout est marmelade. La chute d'une marine de guerre dans du lait sucré tare la nudité de cette danse majestueuse.

sans titre 1916 [web520]


Hans Arp - Sans titre - 1915

19:00 Écrit par Lucky dans 16 Textes et poésies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hans arp |  Facebook |

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