17/03/2009

Tristan Tzara - La face intérieure (extrait)

Alors le feu partit entre les hommes
Espagne mère de tous ceux que la terre n'a cessé de mordre depuis que dans la mort ils ont cherché la cruauté de vivre
la force du soleil aux poutres des vieux pains

II n'y a pas de sourire qui n'ait fondu en sang
les cloches se sont tues les yeux écarquillés
ce sont des poupées d'horreur qui mettent les enfants au lit
l'homme s'est dépouillé de la misère des mots
les champs montrent leurs crocs les maisons éteintes
celles restées debout dans les linceuls sèchent au soleil
disparaissez images de pitié sous les dents dénudées
les botes font sonner la monnaie des traîtres...

J'aurais eu la clarté pour moi
Sur les routes de Joigny au soleil enlacé
que suis-je à l'abri d'une apparence en marche
onze ans de mort ont passé sur moi
et la bruyère n'a pas attendu le prix de sa fougue
n'a pas attendu la récompense de son calme
pour signifier à la vie les pompes du renouvellement
tandis que rêche écorce montagne de rafales
j'ai dépassé en course l'immortalité de l'illusion...

matta2 [web520]


Roberto Matta


 

Commentaires

j'aime beaucoup ! @+

Écrit par : Memophis | 03/11/2011

Je n'avais pas connaissance de ces textes de Tristan Tzara

Écrit par : Carine-Laure Desguin | 07/01/2013

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