23/09/2008

Débuts parisiens

Depuis que des mouvements Dada existaient dans d'autres pays, à Paris, leur influence se faisait déjà sentir et annonçait qu'un tel mouvement allait bientôt s'y manifester. De nombreux écrivains parisiens collaboraient alors aux revues Dada qui paraissaient dans les pays voisins et la litté­rature en subissait ainsi l'influence directe. 

Alfred Jarry, Mallarmé, Rimbaud, Baudelaire, Lautréamont, Roussel et surtout Apollinaire annonçaient déjà ce nouveau genre littéraire. Jean-Pierre Brisset et Marcel Duchamp publient déjà à l'époque des poèmes basés sur des jeux de mots et des allitérations.


Brisset3


Jean-Pierre Brisset.

La Grande Loi ou La Clef de la Parole. 

Les dents, la bouche
les dents la bouchent
l'aidant la bouche
l'aide en la bouche
laides dans la bouche
lait dans la bouche
les dents - la bouche 

J-P Brisset.

Paroi parée de paresse de paroisse
A charge de revanche et à verge de rechange
Sacre de printemps, crasse de tympan
Daily lady cherche démêlés
avec Daily Mail 

M. Duchamp.  

 DADA2 [web520]


Dada 2 - Recueil littéraire - 1917

Ainsi, à Paris, Dada fut surtout littéraire et les principaux animateurs en furent Ribemont-Dessaigne, Jean Crotti (époux de la soeur de Duchamp), et Serge Charchoune (russe qui publie une revue Dada dans sa langue). Quant à Jacques Vaché, qui se suicida à la drogue à l'âge de 23 ans, il eut une influence considérable sur André Breton. Tristan Tzara et Francis Picabia se trouvent aussi à Paris et leur contribution au mouvement Dada pari­sien sera considérable.
 

Nombreux furent les artistes qui participèrent à la première manifes­tation Dada à Paris: Breton, Aragon, Soupault, Ribemont-Dessaigne, Eluard, Paul Dermée, Birot, Radiguet et Cocteau. On exposa des oeuvres de Juan Gris, Chirico, Ribemont-Dessaigne, Picabia, Léger et Lipchitz. Au cours de la manifestation, Tzara lut un article de journal accompagné de sons de cloches, sonneries et bruits divers. Picabia, quant à lui, dessinait sur une ardoise un dessin qu'il effaçait au fur et à mesure, le tout accompagné de la musique de Satie, Auric, Milhaud, Poulenc et Cliquet. La manifestation se termina, comme il se doit, dans la plus bruyante confusion.

 Bulletin Dada [web520]


Bulletin Dada n°6

Encouragé par ce premier succès, Tzara publie alors son Bulletin Dada où l'on ressent l'influence de la typographie dadaïste et auquel collaborent Picabia, Aragon, Breton, Ribemont-Dessaigne, Eluard, Duchamp et Cravan. 

Le 5 février 1920, au Salon des Indépendants, Ribemont-Dessaigne, Breton, Dermée, Eluard, Aragon et Tzara lisent le manifeste de Picabia à la manière des psaumes. La scène est bombardée par le public. 

Au cours de la troisième manifestation, à l'Université Populaire au Club du Faubourg, les dadaïstes, s'adressant à un public ouvrier, ne poussèrent pas la protestation à son paroxysme.

22/09/2008

Max Ernst

max_ernst par wols [web520]

 

A Cologne, Max Ernst et Baargeld furent les deux principaux représentants du mouvement Dada. 

Max Ernst, né en 1891 à Brühl près de Cologne, suit, dès l'âge de cinq ans, l'exemple de son père, lui aussi peintre, en exécutant une aquarelle représentant sa famille.

En 1897, au cours d'une rougeole, il découvre les hallucinations que lui provoque la texture du bois de son lit. Cette décou­verte lui vaudra par la suite l'invention des "frottages".

En 1906, il entre pour la première fois en contact avec les forces occultes: son oiseau pré­féré meurt alors que sa soeur vient au monde. Pour Max, ces deux faits sont intimement liés. 

 

auto portrait de max ernst 1909 [web520] 


Max Ernst: Autoportrait - 1909

Devenu adulte, Ernst collabore à la revue Der Ventilator éditée par son ami Baargeld, puis à Die Schammade, revue d'abord communiste qui s'oriente peu à peu vers Dada et à laquelle collaborèrent aussi André Breton, Eluard et Aragon.

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Max Ernst: Die Schammade.

Arp, Baargeld et Ernst organisent La Première Manifestation Dada qui, vu son caractère provocateur, est rapidement fermée par la police (puis heureusement réouverte) sous le prétexte qu'il faut passer par les toilettes pour entrer dans l'exposition.
 

 

L'amitié qui lie Max Ernst et Baargeld amène la création de tableaux peints en commun. Ernst réalise alors une série de collages intitulés Fatagagas et illustre par des lithographies et des collages les poèmes de Arp.

En 1921, Max Ernst expose ses oeuvres à la Galerie Au Sans Pareil à Paris et dès lors, vivant en France, s'oriente vers le surréalisme.

 

 

19:00 Écrit par Lucky dans 05 Dada-Cologne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : max ernst |  Facebook |

21/09/2008

Kurt Schwitters

portrait schwitters1Le mouvement dada de Hanovre fut principalement et presque uniquement dominé par la personnalité de Kurt Schwitters dont l'activité débordante s'étendait dans tous les domaines: peinture, poésie, collage et sculpture. 

Schwitters fut l'un des premiers à composer des tableaux à l'aide de dé­chets, billets de tramway, enveloppes, papiers à fromage, bagues de cigare, semelles déchirées, rubans, fils de fer, plumes, torchons, etc.. De là naquit le style qu'il appelait Merz, nom que l'on retrouve dans la plupart de ses oeuvres.

 merz picture 32A - The Cherry Picture 1921 [web520]


Kurt Schwitters: Peinture Merz 32A - Peinture à la cerise - 1921.

Brillant récitant, Schwitters s'intéressa également à la poésie et composa l'Ur-Sonate basée sur un poème phonétique de Hausmann intitulé Rfmsbwe.

C'est en 1915, chez Mme Kiepenheuer à Postdam, qu'il lut pour la première fois son Ur-Sonate devant un public distingué et ignorant de tout ce qui était moderne. Les sifflements, les cris et les croassements de l'Ur-Sonate finirent par déclencher le fou rire parmi le public qui ne cacha pas son admiration. 

Kurt Schwitters voyagea alors en Hollande en compagnie de Van Doesburg qui y faisait alors une tournée de conférences. Dans le public, Schwitters se contentait d'imiter l'aboiement d'un chien. 

C'est toujours avec Van Doesburg qu'il voyagea en Suisse et en France puis, avec Hausmann à Leipzig et à Prague. Toutes les oeuvres qu'il composait, assemblages de mots ou de formes, poèmes faits de chiffres, essais et épopées, étaient sa­vamment construits, de façon presque mathématique.

 Prikken paa i en 1939 [web520]


Kurt Schwitters: Prikken paa i en - 1939.

Comme on le voit, l'activité débordante de Schwitters s'étendait avec succès dans tous les domaines. S'intéressant aussi à la typographie, ainsi qu'au style futuriste de Dada, il publia des revues, des tracts, des invitations, des affiches, des livres et même des cartes postales, le tout dans un style Merz évidemment. 

Hans Richter dit de lui: 

Il collait, clouait, faisait des poèmes, de la typogra­phie, vendait, imprimait, composait, faisait des collages, déclamait, sifflait, aboyait, aimait sans tenir compte de l'individu, du public, d'une technique quelconque, de l'art traditionnel et de lui-même. Il fit de tout, et, presque toujours tout en même temps. 

Mais l'oeuvre principale de Schwitters fut sa célèbre colonne, objet sacré par dessus tout: la Schwitters-Saüle, malheureusement disparue aujourd'hui. C'est dans une pièce de sa propre habitation qu'il modifiait de jour en jour cette structure faite de formes concaves et de formes convexes. Dans cette colonne, il réservait une caverne pour chacun de ses amis et y plaçait les objets les plus inattendus leur ayant appartenu: mèches de chevaux, dents, ongles, lacets, cigarettes, cravates et même une bouteille d'urine... Pour pouvoir agrandir à sa guise cette sculpture envahissante, il fit même percer le plafond de la pièce qui lui était réservée...

 The cathedral of erotic misery - Merzbau - hanovre 1924-1937 [web520]


Kurt Schwitters: The Cathedral of Erotic Misery - Merzbau - Hanovre - 1924-1937.

Pendant la guerre, Schwitters prit un malin plaisir à tromper les autori­tés en envoyant régulièrement et clandestinement des microfilms à son ami Tristan Tzara.  

C'est en Angleterre qu'il fuit le nazisme et, dans une grange de Westmoreland, il entreprit de décorer un énorme pan de mur à l'aide de collages. Ce mur est aujourd'hui transféré à Newcastle. 

Kurt Schwitters mourut en 1948.

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Kurt Schwitter.

19:00 Écrit par Lucky dans 04 Dada-Hanovre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kurt schwitters |  Facebook |

20/09/2008

Dada-Berlin 1918-1923

Le mouvement dada de Berlin présente une différence fondamentale avec le mouvement de Zurich: à Zurich, Dada commence une révolution; à Berlin, il ne fait que participer à une révolution qui a déjà commencé. Ainsi le mouvement de Berlin sera-t-il beaucoup plus politique et beaucoup plus anarchiste. 

dadaeuejugendEn 1916, Wieland et son frère Johann Herzfelde publient Neue Jugend: c'est une feuille politico-littéraire de gauche à laquelle participent de nombreux écrivains. Le poète Franz Jung et le peintre Raoul Hausmann, en collaboration avec Johannes Baader, fondent une revue beaucoup plus anarchique: Die Freie Strasse 

En février 1918, Huelsenbeck fait le premier discours dada en Allemagne, discours qu'il termine en lisant ses Prières Fantastiques. Le Manifeste Dada qu'il écrit est bien vite suivi par la fondation d'un Club Dada.

1918 création Club Dada [web520]


Création du Club Dada - 1918.

Huelsenbeck et Hausmann (peintre, poète, éditeur, pamphlétaire, photomonteur et créateur de mode) se disputent l'attribution de la formation de Dada à Ber­lin pendant qu'autour d'eux se regroupent de nombreux artistes parmi les­quels Baade, Grosz et Herzfelde qui forment la troupe de choc de Dada à Berlin. 

die freie strasseEn 1918 et 1919, le mouvement prend un aspect de plus en plus anarchiste et les nombreuses revues qui paraissent alors dont rapidement interdites. 

Les dadaïstes berlinois inventèrent les photomontages en collant des dessins, des photos et des morceaux de journaux (Hausmann et Heartfield s'en disputent l'invention) et mirent au point un nouveau genre de typographie qui donne une vie à la page imprimée. Mais tous ces nouveaux procédés sont surtout uti­lisés à des fins politiques. 

Tout comme à Zurich, les dadaïstes de Berlin s'intéressèrent aux poèmes phonétiques. Le premier poète à s'être livré, bien avant les dadaïstes, à ce genre d'exercice fut certainement Aristophane. 

Epopopolpopoî, popopopol popol
Trioto, trioto, totobrix...
Kikkabatl kikkabatt
Torotoro - torolililix ! 

Aristophane - Les Oiseaux. 

Swift, dans Les Voyages de Gulliver, employa de même "phrases", rappelant sans conteste les comptines enfantines. En 1900, Paul Scheerbart publia, dans Le Roman de Chemin de Fer un poème phonétique intitulé Je t'aime, et cinq ans plus tard, Christan Morgenstern écrivait: 

Das Grosse Lalula. 

Kroklokwafzi? Semememi!
Seiokrontfo – prafriplo:
Bifzi, bafzi; hulalemi:
Quasti basti bo…
Lalu lalu ialu lalu la! 

Morgenstern franchit un nouveau pas dans sa Prière Nocturne composée exclusivement de signes métriques, les longues et les brèves étant mises en page de manière à suggérer la forme d'un poisson. 

En 1924, Man Ray devait publier un autre poème du même style dans la revue 391. En 1916 et 1917, Hugo Ball écrivit lui aussi de nombreux poèmes phonétiques. Quant à Raoul Hausmann, il composa des poèmes optophoniques dont les lettres, de grandeurs d"épaisseurs et de formes différentes suggèrent l'écriture musicale.  

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Johannes Baader: Dio Dada Drama.

Johannes Baader (né à Stuttgart en 1876), personnage très curieux, fut certaine­ment un des premiers à manifester un esprit dada. En 1917, il se présenta comme député à Sarrebruok pour pouvoir exposer ses idées; évidemment, il ne fut pas élu...
 

Se prenant pour "Jésus-Christ revenu des nuages du Ciel", il projeta, avec son ami Hausmann, d'organiser à Berlin et Echternach une manifestation semi-religieuse. Un jour, à la cathédrale de Berlin, il inter­rompit le sermon d'un pasteur en hurlant du haut du chœur: "Je me fiche de Jésus". 

Ayant fait des études d'architecte, il avait élaboré les plans d'un grande sculpture, le Drame Dio Dada: Grandeur et Chute de l'Allema­gne en cinq étages, trois jardins, un tunnel, deux ascenseurs et une porte cylindrique. 

Entre 1919 et 1920, les dadaïstes berlinois attirèrent le public à leurs nombreuses manifestations en publiant de fausses affiches. Pendant les douze soirées et matinées de conférence et les manifestations en divers endroits, ils ne se privèrent évidemment pas d'insulter et même d'injurier le public qui ne cessait pas de chahuter.

Walter Hehring et Hannah Hoech contribuèrent alors au mouvement et aux nombreuses revues, livres et pamphlets que l'on publiait. 

C'est en 1920 que le mouvement atteignit son point culminant à la Erste Internationale Dada-Messe qui eut lieu dans la galerie de Dr. Otto Burchard, le Finanz-Dada à Berlin: au plafond était suspendu un officier allemand à tête de porc et pourvu d'un pancarte mentionnant "Pendu par la révolution".

Grosz, Heartfield, Hoech et Otto Dix se mettent alors à publier des docu­ments politico-polémiques et basent leur art sur les provocations politi­ques et les scènes épouvantables de la guerre et de la révolution. Jung collabore quelques temps au mouvement, puis se tourne vers la politique. 

En 1923, le mouvement disparaît aussi vite qu'il n'est apparu et la plupart des membres poursuivent leurs recherches séparément.

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Couverture pour Der Dada n°1 - Berlin

19/09/2008

Man Ray

Né à Philadelphie en 1870, Man Ray avait 17 ans lorsqu'il arriva à New York déjà passionné de dessin; mais la sagesse paternelle l'orienta vers l'architecture. II fréquente diverses écoles puis abandonne ses études et continue à vouloir faire de la peinture, surtout après avoir vu l'Armory Show. 

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Man Ray.

En 1911, il confectionne une tapisserie faite de rectangles de tweed, de flanelle et de cheviotte provenant de l'album d'échantillons d'un tailleur. En 1913, il peint un portrait multiple suivi en 1915 d'abstractions à base végétale. Il invente des objets anti-art tels que le Métronome et la Spirale. En 1916 et 1917, il réalise une série de collages baptisés Revolving Doors ainsi que Boardwalk, une composition faite de peinture à l'huile et de l'as­semblage d'un échiquier et d'un bouton de porte.

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Man Ray: Métronome.
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Man Ray: Revolving Doors.
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Man Ray: Boardwalk.

C'est en 1913 qu'il organise la première exposition de ses peintures et de ses objets à la Galerie Daniel. Pour vivre, il devient dessinateur technique: 

J'ai dessiné des lettres et aussi des cartes, et même des planches anatomiques chez un éditeur d'ouvrages de médecine. J'étais lié à cette époque avec Marcel Duchamp, rencon­tré dès la première semaine de son séjour à New York, et je travaillais avec lui. Je travaillais avec Picabia également lorsqu'il vint à New York en 1917 chargé d'acheter du sucre pour le compte du gouvernement français. Mission qu'il oublia dès qu'il eut mis les pieds sur les quais de l'Hudson. 

Après avoir fait la connaissance de Duchamp, il collabora avec lui à la créa­tion des revues The Blind Man et Ronwrong. Man Ray faillit être décapité par la pale détachée d'un des mobiles de Duchamp. Remis de sa peur, il composa des tableaux dans lesquels il incorporait des objets réels: boulons, boutons de sonnette, ampoules électriques, réflecteurs... Il peignit également un certain nombre d'abstractions à l'aérographe dont il avait appris l'emploi pendant ses études d'architecte. 

En 1921, il vint à Paris où il rencontra Tzara, Aragon, Soupault, Péret, Eluard et Breton. L'invitation pour le vernissage de l'exposition de ses peintures à la Galerie Six était formulée comme suit: 

Ni fleurs ni couronne ni parapluie ni saints ni cathédrales ni tapis ni paravents ni système métrique ni espagnol ni calendrier ni rosés ni bar ni incendie ni bonbons. 

Dans le catalogue, Man Ray écrivit ces lignes pour se présenter: 

Monsieur Ray est né on ne sait plus où. Après avoir été successivement mar­chand de charbon, plusieurs fois millionnaire et chairman du chewing-gum trust il a décidé de donner suite à l'invitation des dadaïstes et d'exposer à Paris ses dernières toiles.

 Man Ray Le violon d'Ingres 1919 [web520]


Man Ray: Le Violon d'Ingres - 1919

Considérant la photographie comme une occupation aussi importante pour lui que la peinture, il invente de nombreux procédés d'agrandissement photographique, la gravure sur plaque photographique, un système de photographie en couleur et les "rayogrammes". Cette dernière trouvaille con­sistait à placer sur du papier sensible des objets divers et d'exposer le tout en les éclairant sous un certain angle. Il employa le même procédé pour réaliser la premier film dadaïste. 

Un soir Tzara vint chez moi pour m'annoncer qu'il faisait une conférence le lendemain et qu'il avait inscrit au programme un film dadaïste de moi. Je pro­testai. Jamais je n'avais fait de film, et je n'avais pas assez de temps pour en faire un. Cà ne fait rien, dit-il, débrouille-toi. Après tout, l'aventure m'amusait. J'achetai trois cent mètres de film que je coupai en morceaux d'un mètre. Je les alignai sur une table et je répandis au hasard du poivre, du sel, des clous, des épingles, des punaises et des prismes de cristal. Lumière! Je développai le tout, recollai les bandes et le lendemain, je pus présenter le premier film dadaïste au milieu des cris d'oiseaux et des miaulements. Il fallut appeler la police pour faire évacuer la salle. 

Man Ray réalisa de nombreux autres films dont le dernier, intitulé L'Etoile de Mer fut le plus célèbre.

Man Ray The Gift 1919 [web520]


Man Ray: The Gift.

18:30 Écrit par Lucky dans 02 Dada-New York 1915-1920 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : man ray |  Facebook |

18/09/2008

Francis Picabia

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Francis Picabia - Udnie

Francis Picabia exposa à l'Armory Show ses toiles orphiques "Procession à Séville", "Danses à la source" et "Paris". Vu le succès de ses oeuvres, Stieglitz lui propose d'exposer à la Galerie 291. Ne possédant aucune toile, Picabia exécute en quelques jours des aquarelles abstraites "machinistes". 

C'est à cette période que l'on doit les meilleures oeuvres de Picabia et en particulier Udnie (1915). Picabia contribua aussi aux revues The Blind Man, Rongwrong et New-York Dada avec ses amis Duchamp et Man Ray.

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Francis Picabia

17/09/2008

Arthur Cravan

Arthur Cravan qui, à Paris, contribuait à la revue Maintenant, avait pris l'habitude de distribuer les plus graves insultes comme d'autres distribuent des pralines. Presque toujours ivre, il insultait sans mesure, et avec génie, presse et public, inconnus ou amis. En 1916, à Madrid, il provoqua en combat singulier le boxeur noir Jack Johnson, mais fut battu au premier round. 

cravanLors du vernissage du Salon des Indépendants à New-York, Cravan devait faire une conférence.

L'aventurier, complètement ivre, arriva sur l'estrade traînant une valise remplie de linge sale dont il jeta les pièces à travers la salle. L'incar­tade dénoncée par toute la presse fit la joie de Duchamp qui s'écria: 

Quelle merveilleuse conférence! 

En fait Cravan n'avait prononcé aucune parole, les agents l'ayant arrêté au moment où il entreprenait de se déculotter. Arthur Cravan disparut lors de son expédition à bord d'un petit bateau du Mexique à la mer des Caraïbes, infestée de requins.

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Arthur Cravan
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Arthur Cravan

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 La revue littéraire Maintenant, dirigée par Arthur Cravan.