15/11/2008

Leonor Fini

Leonor_FiniLeonor Fini, née en Argentine d'une famille de Trieste, rencontre le groupe surréaliste en 1935 et se livre alors au dessin automatique. En 1938, elle expo­se pour la première fois chez Julian Lévy à New York, puis à Paris.

En 1942, elle expose à Zurich et, pendant la guerre, se fixe à Monte-Carlo où elle réalise une série de dessins dont les principaux sont Mandiargues (1935), Genêt (1948), Audiberti (1950) et Suzanne Flon (1955). Entre 1944 et 1945, elle illustre Juliette de Sade et, dès 1947, réalise de nombreux décors de ballets et de théâtre. 

En 1950 elle publie Portraits de famille, une série d'eaux-fortes et en 1955 illustre les Contes fantastiques de Poe. Citons encore d'autres peintures: L'0mbrelle (1948), Le Chat Manoul (1941), L'Escalier dans la Tour (1946) et La Toilette Inutile (1963). 

Une exposition des peintures de Leonor Fini eut lieu en 1965 chez Iolas à Paris.

le couronnement de la bienheureuse feline 1974 [web520]


Leonor Fini - Le Couronnement de la bienheureuse Féline - 1974
la fin de la terre 1949 [web520]
Leonor Fini - La Fin de la Terre - 1949
chats [web520]
Leonor Fini - Chats
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Leonor Fini - Ea
casta diva 1974 [web520]
Leonor Fini - Casta Diva - 1974

basse couture 1974 [web520]


Leonor Fini - Basse Couture - 1974
au hasard de vents profonds [web520]
Leonor Fini - Au hasard de vents profonds

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14/11/2008

Max Ernst

max_ernst par wolsMax Ernst, peintre français d'origine allemande, est né à Brühl, près de Cologne en 1891. Son père, pieux et autoritaire, était directeur d'une école de sourds et muets et pratiquait la peinture en tant que délassement. D'un carac­tère très nerveux, Max passe une enfance heureuse, mais déjà hantée par le rêve. A l'âge de Six ans, il est violemment frappé par la mort de sa soeur Maria. 

De 1908 à 1914, il fait des études de philosophie à Bonn. En 19II, il visite une exposition du Sonderbund de Cologne et est frappé par les peintures de Picasso et des peintres de l'école de Paris. C'est alors qu'il décide de devenir pein­tre. 

En 1915, il se rend à Paris. A cette époque, il peint des toiles expression­nistes et est influencé par le mouvement Der Sturm. Après la guerre, en 1918, Ernst se marie et revient à Cologne; l'année suivante, il publie un album de huit lithographies intitulé Fiat Modes, pereat ars (dont il détruisit l'édition) où l'influence de Chirico et du futurisme se faisait sentir. C'est toujours en 1919 qu'il réalise Trophée hypertrophique (dessin) ainsi que ses premiers collages comme C'est le Chapeau qui fait l'Homme et l'album Patagag (Fabrication de ta­bleaux garantis gazométriques) qu'il réalise en collaboration avec Arp et Baargeld à Cologne, puis avec Arp et Tzara en 1921 au Tyrol autrichien.

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Max Ernst - Célèbes - 1921
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Max Ernst - Dessin dans la nature - 1947 
Parmi ces collages, réalisés à l'aide de gravures découpées, citons entre autres: La Phallustrade, Moulin à os pour Coiffeur pacifique, L'Amertume du matelat, et surtout Deux Figures ambiguës (1919) et l'Enigme de l'Europe centrale (1921). En 1919, Ernst fonde avec Arp et Baargeld le mouvement dada de Cologne et, l'an­née suivante, l'exposition Dada de la brasserie Winter est fermée par la police. 

La première exposition d'Ernst à Paris à lieu en 1920 à la galerie Sans-Pareil, grâce à Breton qui s'enthousiasme pour les collages de Ernst. En 1921, Max Ernst peint Oedipus rex et L'Eléphant Célébès. Ces deux toiles sont immédiatement achetées par Breton. En 1922, Ernst arrive à Paris. Sans papiers, sans travail, il s'embauche dans une fabrique. Installé à Saint-Brice, près de Montmorency, il con­tinue cependant à peindre des toiles comme Piéta, ou La Révolution de la Nuit, Le Cerveau de l'Enfant, Sainte Cécile et L'Immaculée Conceptionernst-max-die-ganze-stadt-1935-36-9700787 [web520]


Max Ernst - La grande ville - 1935
C'est alors qu'il réalise Deux Enfants sont menacés par un Rossignol, une de ses oeuvres capitales. C'est un panneau peint à l'huile où ont été ajoutés en reliefs des éléments de la maison. Eluard, qui se trouve alors à Singapour, écrit à sa femme Gala et à Ernst de le rejoindre. Gala et Ernst partent aussitôt. Eluard revient avec sa femme et Ernst, après un séjour à Saigon, revient en France. On est en 1924: le groupe surréaliste vient de se former et Breton vient de publier son Manifeste

En 1925, année où il expose Galerie Pierre et où il signe son premier contrat chez Jacques Viot, Ernst découvre le procédé du frottage. Dans Comment on force l'inspiration, le peintre raconte: 

Partant d'un souvenir d'enfance au cours duquel un panneau d'acajou, situé en face de mon lit, avait joué le rôle de provocateur optique d'une vision de demi-sommeil et me trouvant, par un temps de pluie, dans une auberge au bord de la mer je fus frappé par l'obsession qu'exerçait sur mon regard irrité le plancher dont mille lavages avaient accentué les rainures. Je me décidai alors à interroger le symbolisme de cette obsession, et, pour venir en aide à mes facultés médita­tives et hallucinatoires, je tirai des planches une série de dessins, en posant sur elles, au hasard, des feuilles de papier que j'entrepris de frotter à la mine de plomb. 

l ange du foyer ou le triomphe du surrealisme 1937 [web520]


Max Ernst - L'Ange du foyer ou le triomphe du surréalisme
la femme chancelante 1923 [web520]
Max Ernst - La Femme chancelante - 1923
Plus tard, Ernst étendit ce procédé à toutes sortes de surfaces telles que feuilles, toile de sac, etc. C'est de ce procédé que sorti le magnifique album intitu­lé Histoire naturelle qui parût en 1926, préfacé par Arp. Cette même année, Ernst réalise en collaboration avec Miro les décors et les costumes de Roméo et Ju­liette pour les Ballets Russes.

La production picturale de Max Ernst devient alors de plus en plus importante. Il peint Idole (1926), faite de frottage, La Nuit d'Amour (1927), La Vierge Marie corrigeant l'Enfant Jésus devant trois témoins, A.Breton, P.Eluard et le peintre (1926). Entre 1926 et 1928, il réalise une série de Fleurs. Vers cette période, il aborde le thème des oiseaux qui ne cessera de le hanter (Monument aux Oiseaux 1927).

Ernst invente le procédé du raclage de la peinture à l'aide d'objets di­vers et réalise ainsi les séries des Forêts et des Villes. En 1929, il publie une série de collages intitulés La femme 100 têtes suivie en 1950 par Rêve d'une petite fille qui voulut entrer au carmel et en 1934 par Une Semaine de Bonté. Il peint encore Jardins gobe-avions (1935), Portrait volé (1934) et un Ancien Combattant (1935), La Nature et l'Aurore (1937). Il emploie alors le procédé de décalcomanie inventé par Dominguez et réalise Le Fascinant Cyprès (1940).

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Max Ernst - La Forêt
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Max Ernst - La Mariée du Vent
En 1939, sujet allemand, Ernst est interné à Bargentière, puis au camp des Milles. Après la libération, Ernst émigre vers New York où il arrive en juillet 1941. L'année suivante, il épouse la milliardaire Peggy Guggenheim. C'est le début d'une grande période dans l'oeuvre de Ernst qui peint successivement L'Anti-Pape (1942), L'Oeil du Silence (1944), Cocktail Drinker (1945) et Noces Chimiques (1948). 

C'est en Amérique que Max Ernst rencontre Dorothea Tanning, elle aussi peintre surréaliste. Il l'épouse en 1946 et se retire à Sedona dans l'Arizona. 

En 1949, Ernst revient à Paris et, l'année suivante peint La Religieuse Portugaise et expose Galerie Drouin. En 1954, année où il se fixe dans le Val de Loire, il expose Galerie Eduard Loeb et obtient le grand prix de la Biennale de Venise. 

Max Ernst est un des peintres surréalistes les plus inventifs et les plus productif. Son oeuvre est peuplée de personnages de cauchemar, de scènes cruelles, de figures énigmatiques, de visions de paysages désertiques et majestueux ainsi que d'oiseaux maléfiques.

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Max Ernst - La Vierge corrigeant l'Enfant Jésus - 1926
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Max Ernst - Silence
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Max Ernst - Ubu Imperator

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13/11/2008

Marcel Duchamp

duchampMarcel Duchamp est né le 28 juillet 1887' à Blainville près de Rouen d'un père no taire. Duchamp a comme frères Gaston qui se fit connaître comme peintre sous le nom de Jacques Villon et Raymond qui devint sculpteur cubiste sous le nom de Duchamp-Villon. Suzanne Duchamp devint l'épouse du peintre Crotti en 1919. 

Dès 1902, Marcel commence à peindre, écoutant les conseils de son grand-père ma­ternel, Emile Nicolle, peintre et graveur. C'est cette année que Duchamp réalisa les premiers portraits de sa soeur Suzanne et qu'il peignit l'Eglise de Blainville. En 1904, il entre à l'école Bossuet et, après avoir passé son baccalauréat, rejoint ses frères à Paris où il s'inscrit à l'Académie Julian.

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Marcel Duchamp - La Joconde L.H.O.O.Q.
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Marcel Duchamp - Mariée
Après avoir exé­cuté quelques vignettes pour Le Rire et Le Courrier Français, il se rend à Rouen et fait un stage dans une imprimerie. En octobre 1906, il retourne à Paris où il subit l'influence des fauves. En 1909, Duchamp expose au Salon des Indépendants, au Salon d'Automne et à la Société Normande de Peinture. Duchamp subit alors l'influence du cubisme en participant aux réunions et discussions d'artistes que ses frères organisent. 

En 1911, il expose au Salon d'Automne son Portrait où on sent déjà cette influence, que l'on retrouve, plus précise, dans Yvonne et Magdeleine déchiquetées et Les Joueurs d'échec. Déjà à cette époque, Duchamp, avant de commencer une toile, exécute de très nombreux dessins préparatoires où il analyse minutieusement chaque détail.

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Marcel Duchamp - Nu descendant un escalier.
Installé à Neuilly, Duchamp peint en janvier 1912 Nu descendant un escalier et Jeune homme triste dans un train: ce sont les premières toiles, influencées par le cubisme et le futurisme où le peintre décompose le mouvement et superposent plusieurs images. En mai, Duchamp peint Le Roi et la Reine entourés de Nus, vite et, en juillet, visite Munich, Vienne, Prague et Berlin. C'est dans la capitale bavaroise qu'il peint Le Passa­ge de la Vierge à la Mariée et La Mariée. Il exécute également des dessins préparatoires à La Mariée mise à nu par les Célibataires même

En octobre 1912, il expose au Salon de la Section d'0r. Il décide de renoncer à la peinture et accepte un emploi à la bibliothèque Sainte Geneviève. En févier 1915, à New York, s'ouvre l'Armory Show: les peintures de Duchamp y remportent un succès considé­rable et le peintre devient bientôt célèbre en Amérique. Pendant ce temps, Duchamp réalise ses premiers ready-made: Roue de bicyclette (montée sur un tabouret), Bruit secret (pelote de ficelle serrée entre deux plaques de laiton), Pharmacie (chromo où figurent deux personnes évoquant des bouteilles de pharmacie) et Belle Haleine (eau de toilette surchargée d'une photo de Duchamp en femme).

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Marcel Duchamp - Pourquoi ne pas éternuer Rose Selavy
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Marcel Duchamp - Ready made: porte-bouteille
Vu le succès qu'il remporte aux USA, Duchamp se rend à New York en 1915 et y rencontre Picabia et Arensberg. Duchamp y compose La Mariée mise à nu par les Célibataires même (aussi appelé Le Grand Verre) qu'il mit huit ans à terminer. En 1917, il présente Fountain, un urinoir signé R.Mutt, qui est refusé au Salon des Indépendants de New York. L'année suivante, Duchamp peint sa dernière toile intitulée Tu m' et s'embarque pour l'Amérique du Sud. Il décide alors d'abandonner totalement la peinture.

En 1919, il rentre à Paris et entre en contact avec les dadaïstes. Vers cette période, il compose La Joconde L.H.O.O.Q. : c'est une reproduction de La Joconde à laquelle il a ajouté des moustaches. En 1923, au grand étonnement de tous, Duchamp se consacre au marché d'art pour lequel il avait toujours éprouvé une grande aversion. 

En 1936, il participe à des expositions à Londres, New York et Chicago et compose un plafond en sacs de charbon pour l'Exposition Internationale du Surréalisme à Paris. Dès 1927, Duchamp se consacre énormément aux échecs dont il est un des grands champions.

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Marcel Duchamp - Ready made: urinoir.
En 1940, il publie Boîte en Valise: c'est un musée portatif contenant 68 reproductions miniatures de ses oeuvres, des documents, des méditations préparatoires, des projets et des notes. Cette boîte comprend également des textes humoristi­ques, une ampoule de verre contenant 50 cm cube d'air de Paris, une petite housse de machine à écrire, une fontaine urinoir microscopique et une mini boîte à sucre.

De 1941 à 1946, Duchamp vit à New York de leçon de français et participe à des tournois d'échecs. Depuis lors, il partage sa vie entre la France et l'Amérique. Pendant toute sa vie Duchamp sera resté un homme distant, toujours solitaire, retiré et secret.

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Marcel Duchamp - La jeune mariée mise à nu

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12/11/2008

Oscar Dominguez

imagesOscar Dominguez est né en 1906 à Ténériffe (Canaries) où son père était exportateur de bananes. Adolescent, son père l'envoie à Paris pour surveiller ses comptoirs, mais Dominguez se contente d'y "faire la fête" et de la peinture. Ses premières toiles, habilles et pleines de trouvailles, sont surtout influen­cées par Dali et Ernst. 

En 1953, il organise une exposition surréaliste à Ténériffe et, l'année suivante, entre dans le groupe surréaliste de Paris. Dominguez s'est toujours montré découvreur de nouvelles techniques. C'est lui qui, le premier, employa la technique de la décalcomanie, procédé qu'il limitait à l'encre et à la gouache, mais que Ernst devait étendre à la peinture à l'huile. 

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Oscar Dominguez - Le Taureau.
Dès 1957, il se laisse aller à la peinture automatique, réalisant ainsi une série de peintures à dominance bleue. C'est la période cosmique qui nous découvre un fouilli d'armatures qui envahissent l'espace: Nostalgie de l'Espace (1939). 

A partir de 1934, Dominguez participe à toutes les expositions surréalistes. En 1943, galerie Carré à Paris, il expose une série de toiles figuratives inspirées par Chirico (Le Pirate). Il publie La Pétrification du Temps, théorie des objets "li­thochroniques'' et en 1945, il exécute une grande fresque à l'hôpital Sainte-Anne à Paris (en collaboration avec Delanglade, Fernandez, Jean et Henry). II participe à l'Exposition Internationale du Surréalisme qui a lieu à Bruxelles, mais reste absent de l'exposition chez Maeght en 1947.

Il expose au Salon des Sur­indépendants et tente de renouveler son style en appliquant des nouveaux procédés tels que la peinture sur feutre. Déçu par l'échec de sa dernière exposition il se suicide en s'ouvrant les veines le 31 décembre 1957.

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Oscar Dominguez - La Vague - 1938

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Oscar Dominguez

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11/11/2008

Paul Delvaux

paul delvauxPaul Delvaux est né en 1897 à Antheit-les-Huys, dans la province de Liège, d'un père avocat. Elève de l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, il pratique le néo-impressionnisme, puis l'expressionnisme jusqu'en 1935. En 1936, il décou­vre au Palais des Beaux-Arts les peintres surréalistes et en particulier de Chirico. Dès lors, Delvaux adhère au surréalisme sans toute fois prendre une part active au mouvement. 

Delvaux "fait de l'univers l'empire d'une femme toujours la même qui règne sur les grands faubourgs du Coeur" (Breton). Cette femme au visa­ge énigmatique, toujours nue parmi les ruines désertes de monuments antiques, nous la retrouvons dans presque toutes les peintures de Delvaux, parfois multipliée à plusieurs exemplaires: L'Aurore (1957), L'Echo (1943), La Femme à la Rose (1936), Le Cortège en dentelle (1936) et Nocturne (1939). 

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Paul Delvaux - L'Aurore - 1937
L'érotisme, le plus souvent dis­cret, se retrouve dans des toiles comme La Ville endormie (1938) et La Mise au Tombeau (1951). Delvaux a décoré de peintures murales le Palais du Congrès de Bruxelles et la maison du mécène Gilbert Périer à Bruxelles. Dans ses dernières toiles, les fonds d'architecture tiennent moins de place, et en particulier dans Le Sabbat de 1963. 

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Paul Delvaux - Pygmalion.
Les nombreuses expositions que Delvaux fit en Belgique, à Paris New York, Venise et Sao Paulo contribuèrent à le faire connaître du public. Del­vaux vécut à Bruxelles où il fut professeur à l'Institut supérieur des arts déco­ratifs. Le Musée de la ville de Bruxelles conserve sa Crucifixion de 1952. Si Paul Delvaux n'a pas participé aux réunions du groupe surréaliste, c'est parce qu'il est arrivé au surréalisme à une époque où les carrières personnelles prenaient déjà le pas sur les recherches en commun.

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Paul Delvaux - Venus endormie.
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Paul Delvaux - Femme aux noeuds roses.

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10/11/2008

Exemple d'être-objet aérodynamique.

Salvador Dali.
EXEMPLE D' "ETRE-OBJET AERODYNAMIQUE". (Aérodynamique morale).  

Louer une petite vieille propre, haut plus haut degré de décrépitude, et l'exposer (habillée en toréador), en lui posant, sur sa tête préalablement rasée, une omelette fines herbes qui tremblotera nécessairement. On pourra aussi poser une pièce de vingt francs sur l'omelette. 

Réponse d'Avidadollars à Dali.  

Dali, Dali, je ne crois pas à la justice. Son sexe est trop ambigu. Souviens-toi de ceci: la justice c'est la femme à barbe.

Réponse de Dali à Avidadollars.  

Ho. Ho. Cette définition n'est pas digne de toi. C'est du Ionesco, du Genêt . C'est de la paresse. C'est de la bâtardise. C'est du cousu main moderne. Non, la justice est une femme divine, légitime, qui  ressemble beaucoup à Gala, et qui est l'être que toi-même as toujours le plus adoré.  

Extraits de "Lettre ouverte à Salvador Dali" par Salvador Dali. Editions Albin Michel. Collection Lettre ouverte.

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Salvador Dali - Gala aux sphères - 1952

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09/11/2008

Du Dali anarchiste à l'excellentissime Salvador Dali.

Excellentissime Salvador Dali,  

...Vous veniez d'arriver à New York au moment où l'influence surréaliste déferlait même à l'intérieur des plus luxueuses devantures de magasinage plus grand et le plus fameux vous avait demandé de "théâtraliser" vos idées surréalis­tes pour l'étonnement et la stupéfaction de la rue. Vous aviez accepté de montrer pour la première fois, le vrai et unique Dali  surréaliste par rapport au pseudo-surréaliste tendant à la plus banale et médiocre commercialisation. Vous et Gala, vous aviez passé toute une nuit à confectionner probablement l'en­semble d'objets hétéroclites le plus insolite qui ait jamais été vu et cela avec le paroxysme hyperesthétique qui caractérisait toutes vos interventions à cet instant algide de votre délire.  

Le jour suivant, l'attroupement arrêta la houle des piétons New Yorkais, ce qui décida le directeur du magasin à modifier votre oeuvre en la minimisant. Au lieu des mannequins en cire recouverts de poussière et de nécrologie, il  remit à leur place les mannequins tout neufs en papier mâché, antipathiques et au nez retroussé. En même temps, le veston aphrodisiaque qui est, aujourd'hui, le plus antécé­dent du Pop Art fut retiré comme objet flagrant du scandale. Dali monte se plaindre au gérant du magasin. On lui  répond que, ayant déjà été payé par un chèque très substantiel, et à cause de l'attroupement, on avait été obligé de supprimer certaines des élucubrations trop provocantes. Dali demande alors qu'on enlève son nom de l'étalage. On lui dit "Non". Au lieu d'engager une discussion, à travers les avocats, Dali descend, pénètre dans la vitrine, à coups de pied démolit et renverse tous les mannequins et accessoires devant la foule qui commence à s'amasser sur le trottoir. 

Pour que l'étalage devienne totalement inutilisable, Dali tente de soulever et de renverser une baignoire de sa création, entièrement gainée d'astrakan noir où se baignait une femme presque nue. L'inondation de la vitrine devait, d'après lui, détruire catégoriquement son oeuvre. Ses désirs allaient être comblés. La baignoire glisse, cogne l'immense glace qui l'isolait de la rue, laquelle se brise en mille morceaux dont une partie, en tombant, se cloue sur son manteau. Sans hésiter, au lieu d'entrer de nouveau dans le magasin, Dali saute en pleine rue sur les passants, renverse deux dames, et entreprend calmement son départ vers l'hôtel. Un policeman, très poliment, lui met la main sur l'épaule en lui  faisant remarquer qu'il vient de commettre "un acte suffisamment violent pour être arrêté". L'avocat de Dali arrive, conseille de demander le jugement tout de suite avant que la presse se mêle de ce fait divers.  

Dali est enfermé dans une prison où commencent à arriver tous les déchets hu­mains de l'après-midi, la plupart dans un état d'ivresse totale. La lâcheté congé­nitale de Dali le fait courir d'un côté à l'autre pour éviter les éclaboussures des vomissements et des actes épileptiques plus ou moins visqueux, quand un tout petit gangster, les doigts corsetés de bagues, et d'origine portoricaine, lui demande: "Pourquoi êtes-vous ici?". Dali lui  répond: "Je viens de casser une vitrine". Le monsieur de Porto Rico le prend immédiatement sous sa tutelle. D'un air protecteur lui dit: "Dans quelle rue?". Dali  répond: "La 5e Avenue". La valeur morale de Dali s'affina instantané­ment. Le gangster s'exclame avec une admiration qui ne pourra plus jamais être surpassée chez un être humain: "Casser une vitrine, à 5 heures, dans la 5e Avenue Vous êtes mon protégé. Personne n'osera vous toucher tant que je serais près de vous." 

Et à partir de ce moment, le moindre nègre, poivrot ou con, qui s'approchait de ma personne, était immédiatement repoussé, par ce petit Portoricain, d'une efficacité telle qu'une prostituée qui était à côté de Dali  s'écria: "Ah, là, là. Voilà un Portoricain véritablement mécanique." 

Vers les 8 heures, le jugement. Le juge a l'aspect vénérable de la justice américaine, cheveux argentés, visage affable et sévère, d'une qualité cinématographique conventionnelle et parfaite. Après avoir écouté la relation de l'événement, il dit: "Monsieur Dali a commis un acte trop violent, mais tout artiste a le droit de défendre. Par tous les moyens, et jusqu'au bout, l'originalité et l'intégralité de ses conceptions, il est con­damné à ne payer ni plus ni moins que le prix de la vitre cassée. Il est libre". Et il donna un coup sec pour terminer l'affaire. 

Mon admirable Dali,  

Je ne dirai jamais assez, le jour où, dans le coeur de la gare de Perpignan, j'ai eu l'honneur de rencontrer, dans une espèce d'apothéose paranoïaque, le doc­teur Pagès (un des premiers promoteurs de l'antigravitation), je finissais un dis­cours en tonitruant: "Vive l'hibernation. Vive l'antigravitation." Le Corbusier venait de mourir noyé. Oui, oui et oui, noyé par le poids du ciment armé de son fromage suisse, protestant, masochiste, et totalement impersonnifié de ses architec­tures. Un ciment armé qui  le faisait couler à pic du haut de l'ignominie. Des sacs de ciment armé, remords de conscience de tous les Corbu vivants de notre époque. Des sacs de ciment armé qui, désormais, ne pourront être transportés sur la lune, puisque ne parviendront uniquement jusqu'à elle que les structures dentionnelles ultra-légères, et bientôt antigravitationnelles, de Fuller, et puisqu'il suffira d'un léger souffle humain pour qu'elles y arrivent. De même, les fleurs de pissen­lit ornant la couverture du dictionnaire Larousse, je sème à tout vent, sont des­tinées inévitablement à recouvrir de leurs structures angéliques les surfaces inhabitées des prochaines planètes.

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Salvador Dali - Crucifixion.

19:00 Écrit par Lucky dans 16 Textes et poésies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salvador dali |  Facebook |