08/11/2008

Fiche musicale et paranoïaque

Salvador Dali.
FICHE MUSICALE ET PARANOIAQUE. 
 

Corbu, Corbu, Corbu, Corbu, Corbu, Corbi, Corba, Corbo mort.(Allegro ma non troppo)
Fuller: L'air d'Hélios  (Troppo)
Fuller: Photon de l'air (Non troppo)
Fuller: Phallus de l'air (Troppo)
Fuller: Famine de l'air (Andantino)
Fuller: Lilith de l'art  (Adagio)                  
Fuller: Saint Paul de l'air (Allegretto)
Dali: Saint Louis Trismégiste de l'air (Appassionato)
Fuller et Dali: Bravo. Ollé. (Con brio)
Fuller et Dali, chez Paul-Louis Weiller, d'héliotropes la table était garnie.
 

Note: Fuller est le grand architecte américain. II s'est trouvé avec Dali à une soirée chez Paul-Louis Weiller. Cette fiche a été composée pendant le dîner.

composition surréaliste avec figures invisibles [web520]


Salvador Dali: Composition surréaliste avec figures invisibles.

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07/11/2008

Explication paranoïa-critique de l'Angelus de Millet

Salvador Dali.
EXPLICATION "PARANOÏA-CRITIQUE" DE L'ANGELUS DE MILLET. 

La paranoïa ne se borne pas toujours à être de l'"illustration": elle constitue encore la véritable et unique "illustration littérale" connue, c'est-à-dire l'"illustration interprétative délirante" - l'"identité" se manifestant toujours à posteriori comme facteur conséquent de l'"association interprétative". 

Aucune image ne me paraît capable d'illustrer plus "littéralement", d'une façon plus délirante, Lautréamont et Les Chants de Maldoror en particulier, que celle qui fut exécutée il y a soixante-dix ans environ par le peintre des tragi­ques atavismes cannibales, des ancestrales et terrifiantes rencontres de viandes douces, molles et de bonne qualité: je fais allusion à J.-F. Millet, ce peintre incommensurablement incompris. C'est précisément le mille fois fameux Angélus de Millet qui, selon moi, équivaudrait dans la peinture à la bien connue et sublime "rencontre fortuite, sur une table de dissection, d'une machine à coudre et d'un parapluie". Rien ne me paraît, en effet, pouvoir illustrer, aussi littéralement, d'une façon aussi atroce et hyperévidente, cette rencontre que l'image obsédante de l'Angélus. L'Angélus est à ma connaissance l'unique tableau au monde qui com­porte la présence immobile, la rencontre expectante de deux êtres dans un milieu solitaire, crépusculaire et mortel. Ce milieu solitaire, crépusculaire et mortel joue, dans le tableau, le rôle de la table de dissection dans le texte poétique car non seulement la vie s'éteint à l'horizon, mais encore, la fourche plonge dans cette réelle et substantielle viande qu'a été, de tous temps, pour l'homme la terre labourée; elle s'y enfonce, dis-je, avec cette intentionnalité gourmande de fécon­dité, propre aux incisions délectables du bistouri qui, comme chacun sait, ne fait que chercher secrètement, sous divers prétextes analytiques, dans la dissection de tout cadavre, la synthétique, féconde et nourrissante pomme de terre de la mort; d'où ce constant dualisme, ressenti à travers toutes les époques, de terre labourée-nourriture, table à manger, terre labourée se nourrissant de ce fumier doux comme le miel qui n'est autre que celui des authentiques et ammoniacaux désirs nécrophiliques-dualisme qui nous conduit finalement à considérer la terre labourée, surtout si elle s'aggrave du crépuscule, comme la table de dissection la mieux servie, celle entre toutes qui nous offre le cadavre le plus garanti et appétissant condimenté de cette truffe fine et impondérable qui ne se trouve que dans les fèves nutritifs constitués par la viande des épaules ramollies des nourrices hitlériennes et ataviques, et de ce sel incorruptible et excitant, fait du grouil­lement frénétique et vorace des fourmis, que doit comporter toute authentique "putréfaction insépulte" qui se respecte et peut passer pour digne de ce nom. Si, comme nous le prétendons, la "terre labourée" est la plus littérale et la plus avantageuse de toutes les tables de dissection connues, le parapluie et la machine à coudre seraient transposés dans l'Angélus, en figure masculine et figure féminine, et tout le malaise, toute l'énigme de la rencontre proviendrait toujours selon ma très modeste opinion, indépendamment de l'énigme et du malaise que nous savons maintenant être déterminés par le lieu (terre labourée, table de dissection), des particularités authentiques contenues dans les deux personnages, dans deux objets, d'où dérive tout le développement argumental, toute la tragédie laten­te de la rencontre expectante et préliminaire. 

Le parapluie - type d'objet surréaliste à fonctionnement symbolique - par suite de son flagrant et bien connu phénomène d'érection, ne serait autre que la figure masculine de l'Angélus qui,  comme on me fera le plaisir de bien vouloir se le rappeler, dans le tableau cherche à dissimuler - sans parvenir à autre chose qu'à le mettre en évidence - son état d'érection par la position honteuse et compromettante de son propre chapeau. En face de lui, la machine à coudre, sym­bole féminin connu de tous, extrêmement caractérisera jusqu'à se réclamer de la vertu mortelle et cannibale de son aiguille de piquage, dont le travail s'identifie à cette perforation superfine de la mante religieuse "vidant" son mâle, c'est-à-dire vidant son parapluie, le transformant en cette victime marty­risée, flasque et dépressive que devient tout parapluie fermé après la magnificence de son fonctionnement amoureux, paroxistique et tendu de tout à l'heure. 

Il est certain que, derrière ces deux figures tendues de l'Angélus, c'est-à-dire derrière la machine à coudre et la parapluie, les glaneuses ne peuvent que continuer à ramasser avec indifférence, conventionnellement, les oeufs sur le plat (sans plat), les encriers, les cuillers, et toute l'argenterie que ces dernières heures de crépuscule rendent à cette heure étincelante exhibitionniste et à pei­ne une côtelette crue, prise comme échantillon moyen des signes comestibles, a-t-elle été posée sur la tête du mâle, que déjà la silhouette de Napoléon, l'"affamé" se forme et se dessine subitement dans les nuages à l'horizon, que déjà on le voit s'approcher impatient à la tête de sa cavalcade pour venir chercher la côtelette en question, laquelle, en réalité, de vérité, n'est destinée à proprement parler qu'à l'aiguille, fine de toute finesse, terrifiante de toute terreur, belle de tou­te beauté, de la machine à coudre spectrale, clandestine et bien portante. 

L'Angélus de Millet beau comme la rencontre fortuite, sur une table de dissection, d'une machine à coudre et d'un parapluie. - Salvador Dali.

Archealogical_Reminiscence_of_Millet_s_Angelus


Salvador Dali: Réminiscence archéologique de l'Angelus de Millet.

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06/11/2008

Ode à Salvador Dali

Frederico Garcia Lorca
ODE A SALVADOR DALI. 
 

0 Salvador Dali à la voix olivienne
Je dis ce que me disent ta personne et tes toiles.
Je ne loue point ton imparfait pinceau adolescent,
mais je chante la parfaite direction de tes flèches. 

Je chante ton bel effort de lumières catalanes,
ton amour pour ce qui possède son inexplicable possible.
Je chante ton coeur astronomique et tendre,
de jeu de cartes français indemne de blessure.  

Je chante l'anxiété de statue que tu poursuis sans trêve,
la peur de l'émotion qui t'attend dans la rue.
Je chante la petite sirène de la mer qui chante,
montée sur une bicyclette de coraux et de coquilles.  

Mais avant tout je chante une pensée commune
qui nous unit aux heures obscures et dorées.
Ce n'est point l'art la lumière qui nous aveugle les yeux.
C'est d'abord l'amour, l'amitié ou l'escrime.  

C'est, avant le tableau que, patient tu dessines,
le sein de Thérèse, à la peau d'insomnie,
la boucle serrée de Mathilde l'ingrate,
notre amitié peinte comme un jeu de l'oie. 

Que des traces dactylographiques de sang sur or
rayent le coeur de la Catalogne éternelle.
Que des étoiles comme des poings sans faucon t'illuminent,
tandis que fleurissent ta peinture et ta vie.  

Ne regarde pas la clepsydre aux ailes membraneuses,
ni la faux terrible de allégories.
Revêts et dénude toujours ton pinceau dans l'air,
face à la mer peuplée de marins et de barques.  

Frederico Garcia Lorca (1926, trad. J. C. )

cardinal 1934 [web520]


Salvador Dali - Cardinal - 1934.

 

05/11/2008

Salvador Dali

Salvador Dali est né le 11 mai 1904 à Figueras, petite ville et place forte de Catalogne où son père était notaire. Dès son plus jeune âge, il se fait remarquer par ses idées et ses attitudes excentriques: il voulait s'af­firmer et prouver aux autres et à lui-même qu'il existait vraiment.

 dali [web520]


Salvador Dali
A l'école il prit l'habitude de sauter dans le vide, du haut d'un escalier, malgré son vertige et sa peur, devant ses camarades stupéfaits et admiratifs. Parfois, il échangeait des pièces de dix centimes contre des pièces de cinq centimes. 

En 1918, il voue une admiration toute particulière aux peintres espagnols de scènes de genre du XIXe siècle et aux impressionnistes français. En 1920, il découvre le futurisme et, par de-là, le cubisme. En 192I, il entre à l'Aca­démie des Beaux-Arts de Madrid pour y compléter ses études de peinture. Il fait la connaissance de Garcia Lorca et de Luis Bunuel avec qui il restera longtemps en relation.

 nu dans l'eau 1925 [web520]


Salvador Dali - Nu dans l'eau - 1925
gala nue de dos 1960 [web520]
Salvador Dali - Gala nue de dos - 1960
Mais à l'Ecole des Beaux-Arts, où il a pour maître Carbonero, Dali est toujours insatisfait. Il reprochait à ses maîtres d'être ré­trogrades, ennemis des audaces de la jeune peinture et ignorants des techni­ques classiques. Un jour, lors d'un examen, Dali tira comme sujet de conféren­ce Raphaël. Ses amis crurent qu'il allait manifester sa joie, Raphael étant le peintre qu'il connaissait le mieux. Eh bien non! Dali se leva et dit à ses examinateurs: "Je vous parlerais bien de Raphaël, mais à quoi bon? Je sais tout sur lui et vous, vous ne savez rien. Il est donc préférable que je me retire." Et il se retira. Ses professeurs, indignés par son impertinence, le chassèrent pour un an de l'Ecole des Beaux-Arts. 

En 1925, après avoir fait quelques séjours en prison pour activités politiques, il étudie les peintures du Prado et voue une admiration particulière pour la métaphysique italienne et la peinture de Chirico et de Carra. Cette même année, il expose pour la première fois chez Dalmau à Barcelone et en 1926 à Madrid avec le premier groupe des artistes ibériques tels que Ferrant, Cossio, Barès,... Son importance est, dès lors, reconnue par ses contemporains.

 jeune fille à la fenetre [web520]


Salvador Dali - Jeune fille à la fenêtre.
le panier de pain 1926 [web520]
Salvador Dali - Panier de pain - 1926
En 1926, il est expulsé définitivement de l'Ecole des Beaux-Arts et sa Corbeille à Pain est achetée par le Musée National d'Art Moderne de Pittsburgh. Entre 1925 et 1927, il s'essaye dans différentes directions, tantôt dans le réalisme à la Vermeer, tantôt dans l'abstraction, le cubisme ou le néo-classicisme. Il conçoit également les décors de Mariana Pineda de Lorca. 

En 1927, il découvre le surréalisme en feuilletant des revues. Il a enfin découvert son style: c'est le début de sa manière propre donnant la priorité à l'obsession subconsciente. Il peint Appareil à Main et Le Sang est plus doux que le Miel. Dans son livre Vie Secrète, Dali nous explique comment, pendant cette période, il concevait ses tableaux: 

Au lever du soleil, je me réveillais et sans me laver ni n'habiller, je m'asseyais devant le chevalet placé dans ma chambre face à mon lit. La pre­mière image du matin était celle de ma toile qui serait aussi la dernière image que je verrais avant de me coucher. Je tâchais de m'endormir en la fi­lant des yeux pour en conserver le dessin pendant mon sommeil, et quelquefois, au milieu de la nuit, je me levais pour la regarder un instant au clair de lune. Ou bien entre deux sommes, j'allumais l'électricité pour contempler cette oeuvre qui ne me quittait pas. Toute la journée, assis devant mon chevalet, je fixais ma toile comme un médium pour en voir surgir les éléments de ma pro­pre imagination. Quand les images se situaient très exactement dans le ta­bleau, je les peignais à chaud, immédiatement. Mais parfois, il me fallait atten­dre des heures et rester oisif le pinceau immobile dans ma main, avant de rien surgir. 

apparition du buste de voltaire [web520]


Salvador Dali - Apparition du buste de Voltaire.
apparition d'un visage [web520]
 Salvador Dali - Apparition d'un visage.
Sur le conseil de Miro, il se rend à Paris en 1928 dans le but de connaître "Picasso, Versailles et le Musée Grévin". Il y rencontre Picasso et les surréalistes. 

L'année suivante a lieu sa première exposition à Paris, galerie Goemans (préface de Breton). Dali présente des toiles intitulées: Les Plaisirs illuminés, Le Jeu lugubre et L'Accommodation du Désir. Citons encore quelques toiles de cette période: La Source (1930), La Profanation de l'Hostie (1931), Le Rêve (1931), Angélus (1935), Méditation sur la Harpe et Gala et l'Angélus de Milet, précédent immédiatement la venue des anamorphes coniques.

C'est alors qu'il élabore sa théorie de "l'activité paranoïaque critique", qui consiste à instaurer un système délirant durable, forte­ment influencé par la psychanalyse de Freud pour laquelle il s'enthousiasme. ascension du christ 1958 [web520]


Salvador Dali - Ascension du Christ - 1958
Automne cannibale 1936 [web520]
 Salvador Dali - Automne cannibale - 1938.
Il attire à Cadaquès les surréalistes parisiens, organise une exposition triomphale et épouse la première femme de Paul Eluard, Gala, qui devient sa femme et sa principale inspiratrice. On peut dire que Gala sauva Dali de la folie: elle parvint en effet, par son amour, à empêcher les crises de fou rire fréquentes chez Dali à cette époque.

En compagnie de son ami Luis Bunuel, il tourne dans sa propriété de Cadaquès le court-métrage désormais célèbre intitulé Le Chien Andalou. Enthousiasmé par le film, le groupe surréaliste qui venait d'être véritablement fondé, invite Dali à en faire partie. 

De 1929 à 193I, il commence à peindre des images doubles sous l'influence de Max Ernst et de Yves Tanguy. En 1930, il publie L'Amour et la Mémoire et La femme invisible, où il développe ses idées et ses théories sur l'inspiration para­noïaque et rapproche sa technique de celle de Meissonnier. L'année suivante, toujours en collaboration avec Bunuel, il réalise le long métrage L'Age d'Or. A la deuxième projection de ce film, il y eut une émeute et, quelques jours plus tard, le film était interdit par la préfecture de police. Dans sa série de peintures traitant de Guillaume Tell, Dali aborde le problème de la castration et du patriarcat. Certaine de ses toiles prennent aussi un aspect vorace, culinaire et digestif (Dali aime particulièrement les crustacés). Le thème du mou et du flasque, parfois soutenu par des béquilles, se retrouve fréquemment. persistance de la mémoire 1931 [web520]


Salvador Dali - Persistance de la mémoire - 1931
cygnes réfléchis en éléphants 1937 [web520]
 Salvador Dali - Cygnes réfléchis en éléphants - 1937.
En 1931, il peint Persistance de la mémoire, toile où apparaissent des montres molles, Enigme de Guillaume Tell (1933), Echos Nostalgiques (1935) et Ville des tiroirs(1936). En 1933 a lieu sa première exposition à New York et, l'année suivante, il se rend personnellement aux Etats-Unis. En 1934, il illustre les Chants de Maldoror de Lautréamont. Jusqu'en 1936, il peint la série des os et des figures déformées, puis des scènes de plage à figures "instantanées". Il peint notamment: La Mémoire et la Femme enfant, Crâne atmosphérique sodomisant un piano à queue, Apparition de ma cousine Carolinette sur la plage de Rosas et Femme à tête de Rose

Pendant la guerre d'Espagne, il fait un séjour en Italie où il étudie la Renaissance et le Baroque. Il porte alors une admiration de plus en plus vive pour Vermeer et Vélasquez, et sa période mystique commence par les tableau Jeune Vierge auto-sodomisée par sa propre chasteté et par les illustrations pour l'Apocalypse. 

Dali prépare rapidement son retour au classicisme, ce qui le fait exclure des  surréalistes par Bre­ton. En 1939, Dali écrit l'argument et dessine les costumes du ballet Laby­rinthe. Une grande rétrospective à lieu au Musée d'Art Moderne de New York. Lorsque survient la guerre, Dali et Gala se réfugient en Amérique où Dali commence à rédiger sa Vie Secrèteenfant géopolitique observant la naissance de l homme nouveau 1934 [web520]


Salvador Dali - Enfant géopolitique observant la naissance de l'homme nouveau - 1934.
métamorphose de narcisse [web520]
Salvador Dali - Métamorphose de Narcisse
C'est au Etats-Unis où il remporte un énorme succès, que Dali fait la connaissance de l'écrivain Henry Miller. A cette époque, Breton compose, pour se moquer de son ancien ami, le célèbre ana­gramme Avidadollars. D'après Dali, ce surnom eût le pouvoir magique de faire pleuvoir sur lui une cascade de dollars. Ayant des idées différentes des surréalistes, et ses tableaux se vendant mal, il projette même d'abandonner la peinture et de se lancer dans les affaires en introduisant sur le commerce quelques unes de ses inventions telles que ongles-miroirs, sculpture-ventilateur, lunettes kaléidoscopiques, masques photographiques, cinéma tactile et bien d'autres encore. Malheureusement, il se heurta partout à une incompré­hension presque totale. 

Revenu en Espagne, il illustre de nombreuses oeuvres littéraires, crée des décors et des costumes pour des ballets et ne cesse de peindre et d'exposer. En 1942, il publie Vie Secrète de Salvador Dali et exécute les portraits de plusieurs personnalités exposés à la galerie Knoedler à New York. En 1944, il exécute le scénario, les costumes et les décors pour les ballets Colloque sentimental et Tristan le Fou. Il expose à Rome, Venise et Milan et, l'année suivante, à la Bignou Gallery à New York. En 1949, Dali présente au Pape Pie XII la Vierge de Port-Lligattentation de st antoine [web520]


Salvador Dali - La tentation de Saint Antoine.
visgae paranoiaque [web520]
 Salvador Dali - Visage paranoïaque.
En 1950, il expose une deuxième version du même tableau à New York et en 1951 peint le Christ de Saint-Jean de la Croix alors qu'une exposition est organisée à la gale­rie Weil à Paris. En 1955, il dessine les costumes et les décors du ballet Les Vendanges de Philippe de Rothschild, il exécute des bijoux et illustre Le Tricorne. En 1954, il expose à Venise et à Rome et illustre La Divine Comédie. En 1955, il expose à Knokke-le-Zoute et réalise un film: Histoire Prodigieuse de la Dentellière et du Rhinocéros avec Robert Descharnes. En 1957, il exécute quinze lithographies en couleurs pour l'illustration de Don Quichotte de Cervantès, avec utilisation de la technique reposant sur le hasard (coups de fusils, oeufs, éclaboussures,...). Il peint Saint-Jacques de Compostelle qu'il présente l'année suivante à l'Exposition Universelle de Bruxelles. En 1958, il reçoit la médaille d'or de la ville de Paris. 

Entre 1959 et 1960, il illustre L'Apocalypse de Saint Jean et crée la couverture de cet ouvrage, en bronze à la cire perdue. En 1966, une grande rétrospective de son oeuvre à lieu à Tokyo et l'année suivante à New York. Régulièrement, les extravagances du peintre défraient le chronique et lui assurent ainsi qu'à son oeuvre une publicité particulièrement profitable.prémonitiion de la guerre civile [web520]


Salvador Dali - Prémonition de la guerre civile.
visage de mae west [web520]
Salvador Dali - Visage de Mae West.
Salvador-Dali-L--nigme-sans-fin--1938-83795 [web520]
Salvador Dali - Enigme sans fin - 1943
poésie d'amerique 1943 [web520]
Salvador Dali - Poésie d'Amérique - 1938
paysage avec des papillons [web520]
Salvador Dali - Paysage avec des papillons.
montre molle [web520]
Salvador Dali - Montre molle.

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04/11/2008

Giorgio de Chirico

Giorgio de Chirico est né en 1888, à Volo, capitale de la Thessalie (Grèce), de parents italiens. Son père, ingénieur sicilien, c'était rendu en Grèce pour y construire une ligne de chemin de fer. La aère de Chirico est très autori­taire; sa soeur meurt très jeune et son frère Andréa se fera connaître sous le pseudonyme de Savinie grâce à ses activités littéraires, musicales et artistiques.

 autoportrait 1953 [web520]


Giorgio de Chirico - Autoportrait - 1953
Très jeune, Giorgio s'amuse à dessiner et observe déjà les choses qui l'entourent avec des yeux de peintre. Il devient l'élève du peintre grec Mavrudis et, à Athènes, suit les cours de l'artiste suisse Gilleron. A l'âge de douze ans, son père l'envoie à l'Académie des Beaux-Arts d'Athènes. 

En 1905, le père de Giorgio meurt et, accompagné de sa mère, le futur peintre retourne en Italie et séjourne à Venise et Milan. Peu de temps après, la famille s'installe en Bavière et Chirico suit, pendant deux ans, les cours de l'Académie royale de Munich. Giorgio de Chirice entre alors en contact avec la philosophie alleman­de et en particulier Nietzsche et Otto Wemninger. Il subit également l'influ­ence des peintres Arnold Boëcklin et Albert Kubin qui auront tous deux un pouvoir considérable sur son oeuvre picturale.

 hector et andromaque 1917 [web520]


Giorgio de Chirico - Hector et Andromaque - 1917
 duo 1914 [web520]
 Giorgio de Chirico - Duo - 1914
En 1909, il revient en Italie et séjourne à Turin, Milan et Florence. A cette époque, il n'a aucune relation avec des artistes et les mouvements futuriste et cubiste le laissent totalement indifférent. Une période de mélancolie, probablement due aux maladies successives de Chirico, a une influence considérable sur son oeuvre. C'est alors que débute la période des arcades et des places d'Italie, influencée par Nietzsche et Boëcklin. La fuite à l'infini des arcades, les perspectives divergentes, les statues solitaires projetant démesurément leur ombre sur une pièce déserte, des tours crénelées hérissées de drapeaux, des silhouettes d'usine abandonnées, des temples désaffectés, parfois une locomotive à l'hori­zon, tels sont les principaux thèmes que l'on retrouve dans les peintures de cette période.

De ces paysages de villes désertes émane une atmosphère de mystère, un sentiment d'attente. Poète autant que peintre, Chirico s'est exprimé lui-même sur son œuvre: 

Vie, vie, grand rêve mystérieux (toutes les énigmes que tu montres; joies et éclairs... Portiques au soleil. Statues endormies.
Cheminées rouges; nostalgie d'horizons inconnus...
Et l'énigme de l'école, et la prison, et la caserne;
et la locomotive qui siffle la nuit sous la voûte glacée
et les étoiles.
Toujours l'inconnu; l'éveil du matin et le rêve qu'on a fait, obscur présage, oracle mystérieux... 

enigme de l heure 1911 [web520]


Giorgio de Chirico - L'énigme de l'heure - 1911
 place d italie [web520]
Giorgio de Chirico - Place d'Italie
Bans un autre texte, Chirico nous donne une description verbale de la poésie qui se dégage de ses paysages:

Parfois l'horizon est défini par un mur derrière lequel s'élève le bruit d'un train qui disparaît. Toute la nostalgie de l'infini nous est révélée derrière la précision géométrique de la place. Nous éprouvons les émotions les plus inoubliables lorsque certains aspects du monde dont nous ignorons complètement l'existence, nous confrontent soudainement avec la révélation de mystères qui restaient tout le temps à portée de nous, que nous ne pouvons pas voir parce que nous avons la vue trop courte et que nous ne pouvons pas sen­tir parce que nos sens sont mal développés, leurs voix mortes nous parlent de très près, mais elles nous paraissent comme des voix venues d'une autre planète.  

Waldemar Georges: Giorgio de Chirico, Paris, 1926 

Les principaux tableaux de cette époque sont: Enigme d'un soir d'automne (1910), L'Enigme de l'Heure (1912), Souvenir d'Italie (19I3), Voyage anxieux (1915) et Inquiétude du poète (1915)

 le chant d'amour [web520]


Giorgio de Chirico - Le chant d'amour
 portrait prémonitoire de guillaume appolinaire 1914 [web520]
 Giorgio de Chirico - Portrait prémonitoire de Guillaume Appolinaire
Chirico se rend alors à Paris avec sa mère et son frère et il entre en contact avec les futurs surréalistes. Lorsque la guerre éclate, il retourne en Italie et se consacre à l'étude des maîtres d'autre­fois et des techniques classiques. Il expose à Rome ses premières toiles de la période inspirées par les mannequins: Hector et Andromaque, Troubadours, Muses Inquiétantes, Portrait de Jeune Homme

Dans ces toiles, le décors se ré­trécit jusqu'à ne plus cadrer qu'un coin de l'atelier où traînent les acces­soires parfois assemblés de manière à figurer des personnages composés d'équerres et de lattes, des figures blêmes sans visage, des bustes romains, le tout voisinant parfois avec des artichauts, des régimes de bananes, des gants de caoutchouc ou des rangées de biscuits en ordre de bataille. 

Pendant cette période, Chirico travaille souvent en compagnie de Carlo Carra. En 1919, il participe au groupe Valori Plastici et approfondit ses recherches sur la détrempe. la recompense du devin 1913 [web520]


Giorgio de Chirico - La récompense du devin - 1913
The_Red_Tower [web520]
 Giorgio de Chirico - Tour rouge.
En 1924, il expose à la Galerie Pierre à Paris. Il exécute des décors pour les Ballets Russes et Suédois et publie en 1929 un "roman-rêve" intitulé Hebdoméros où il développe sa vision fantastique. 

Dès 1926, son style évolue très rapidement et retourne au classicisme: c'est la période des chevaux et des gladiateurs. Il expose à Paris chez Louise Rosenberg Chevaux antiques, Meubles dans la vallée, Mannequins assis et Gladiateurs. En même temps que cette exposition, les surréalistes qui s'opposent au chan­gement de style de Chirico, organisent une rétrospective intitulée Ci-gît Giorgio de Chirico

The_Disquieting_Muses [web520]


Giorgio de Chirico - Les muses d'inquiétude
 The_Seer [web520]
 Giorgio de Chirico - Le Voyant.
Depuis cette période, Chirico brise violemment avec son passé: il renie l'art moderne ainsi que son oeuvre antérieure et se tourne définitivement vers la peinture traditionnelle, dominée par le soucis de la technique. Pierre Courthion devait déclarer à propos de ce changement brusque de style: 

Trahison? Arrêt plutôt des facultés de l'inconscient, perte de toute fabulation chez un poète qui composait avec des lignes et des plans. Je crois que tout est là. Reprenant en pleine pâte le problème du rendu, du beau crous­tillant, de l'imitation savoureuse, si chère et si naturelle au génie de Cour­bet, mais qui n'était pas son affaire, Chirico sombra alors dans les noblesses d'une peinture bassement académique, et de laquelle il ne semble pas prêt de pouvoir s'échapper. 

l'incertitude du poète 1913 [web520]


Giorgio de Chirico - L'incertitude du poète - 1913
 torino printanière 1914 [web520]
 Giorgio de Chirico - Torino printanière - 1914
En 1938, après avoir rompu avec tous ses anciens amis, Giorgio de Chirico re­tourne en Italie et se fixe à Rome. 

Nous terminerons cet exposé sur Chirico en rappelant sa proposition artis­tique qu'il fit dans Hebdoméros, proposition qu'il ne respecta malheureusement pas jusqu'au bout: 

Ce qu'il faut, c'est débarrasser l'art de tout ce qu'il contient de connu jusqu'à présent: tout sujet, toute idée, tout symbole doit être mis de côté... Ce qu'il faut surtout, c'est une grande certitude de soi-même; il faut que la révélation que nous avons d'une oeuvre d'art, que la conception d'un tableau représentant telle ou telle chose, qui n'a pas de sens par elle-même, qui n'a pas de sujet, qui du point de vue de la logique humaine ne veut rien dire du tout, il faut qu'une telle révélation ou conception soit tellement forte en nous qu'elle nous procure une telle joie ou une telle douleur que nous soyons obligés de peindre, poussés par une force plus grande que celle qui pousse un affamé à mordre comme une bête le morceau de pain qui tombe dans sa main.

trois chevaux 1937 [web520]


Giorgio de Chirico - Trois chevaux - 1937
deux chevaux sur laplage 1964 [web520]
Giorgio de Chirico - Deux chevaux sur la plage

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03/11/2008

Marc Chagall

portraitCe peintre russe est né à Vitebsk en 1887. Son père travaille tans un dépôt de harengs et la vie de la famille, composée de nombreux frères et soeurs, est centrée sur la synagogue, ce qui marqua profondément la sensibilité tu peintre. Trop faible pour travailler manuellement, et de plus sauvais élève, le jeune Marc rêve d'entrer au conservatoire pour devenir chanteur. L'oncle Nush, violoniste, lui avait depuis longtemps donné le goût de la mu­sique: 

Il transportait les bestiaux, et j'avais l'habitude de l'accompagner dans sa voiture cahotante. C'était un bon violoniste. Il jouait pour moi te longues heures, assis sur une marche de la cour, et m'entretenait te choses divines.

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Marc Chagall - Moi et mon village.
A treize ans, mordu par un chien, il est envoyé dans un hôpital de Saint-Pétersbourg où il découvre un autre genre de vie. Revenu auprès de sa famille, il entre au collège impérial. Déjà, il ne pense qu'à dessiner. Bientôt, il se met à dessiner les choses qui l'entourent et manifeste le désir de devenir peintre, idée impie pour la religion juive, la loi de Moïse inter­disant toute représentation d'êtres vivants. 

Sa mère lui dit un Jour: "Tu as du talent, mon fils... Si tu continues, tu pourras devenir un bon photographe", ce qui faillit d'ailleurs arriver. Finalement, devant les talents de Marc, son père cède et l'envoie étudier la peinture chez Pen, le seul peintre du villa­ge. Chagall devait déclarer à son sujet: 

J'aime Pen. Je vois sa silhouette tremblante. Il vit dans ma mémoire comme un père.

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Marc Chagall - Amour
Malheureusement, Chagall ne remporte aucun succès en peinture et, pour gagner sa vie, est obligé de se faire apprenti retoucheur chez un photographe. En 1907, il part pour Saint-Pétersbourg avec 27 roubles en poche. Accompagné par un ami peintre, il som­bre rapidement tans la misère la plus totale et, comble de malheur, échoue à l'examen d'entrée à l'Académie des Beaux-Arts. Heureusement, il réussir à en­trer à l'Ecole de la société pour la protection des arts et, admis dans les quatre premiers candidats, il obtient une bourse d'étude. Il entre peu à peu en contact avec le monde artistique et découvre l'art occidental qui confir­me en lui le refus tu naturalisme académique et l'importance primordiale de la forme et de la couleur. 

Bientôt, il obtient le soutien te personnages hauts placés et, poussé par ses amis, se présente chez Léon Bakst, animateur tu mou­vement Mir Iskoustva qui connait à l'époque une gloire fulgurante. Bakst l'admet tans son académie, mais reste sur une certaine réserve vis à vis de la peinture de Chagall qui fait alors la connaissance de la contesse Tols­toï et du danseur Nijinsky. 

Pendant trois ans, il faut l'école buissonnière et est continuellement traqué, les juifs ne pouvant pas séjourner dans la ville. Il obtient bientôt le soutien de Winaver, député de la Douma, qui lui offre un atelier dans les bureaux de la revue Aube dont il était le rédac­teur en chef. Winaver lui offre une bourse d'étude pour se rendre à Paris.

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Marc Chagall - Anniversaire - 1915

A cette époque, j'avais décidé que j'avais besoin de Paris. La terre qui avait nourri les racines de mon art était Vitebsk, mais mon art avait besoin de Paris comme un arbre à besoin d'eau. 

En 1910, il arrive à Paris, en pleine révolution artistique, et loge à La Ruche où il rencontre Soutine, Modigliani, Léger, Archipenko, Apollinaire, Salmon, Max Jacob et Blaise Cendrars qui devient son meilleur ami. 

A Paris, je ne visitai ni académie, ni professeurs. Je les trouvais dans la ville même, à chaque pas, dans tout. C'étaient les commerçants du quartier, les garçons de café, les concierges, les paysans, les ouvriers. Autour d'eux planait cette étonnante lumière, liberté que je n'ai jamais vue ailleurs. La vie à Montmartre, c'était merveilleux! Je travaillais toute la nuit... Quand, dans un atelier voisin un modèle insulté se mettait à pleurer, quand les Italiens chantaient en s'accompagnant à la mandoline, quand Soutine revenait des Halles avec un lot de poulets faisandés pour les peintres, je restais seul dans ma cellule de planches, debout devant mon chevalet, éclairé par une misérable lampe à kérosène. Depuis une semaine, l'atelier n'avait pas été balayé. Des châssis, des coquilles d'oeufs, des pots vides de bouillon à deux sous étaient éparpillés sur le plancher. La lampe brûlait et moi avec. Je peignais furieusement. C'est là entre ces quatre murs, que j'ai lavé mes yeux, que je suis devenu un peintre.

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Marc Chagall - Bougies de noce.
Influencé par le fauvisme et le cubisme, il multiplie ses toiles de grand format. Son style s'affirme, sa vision se colore et, dans ses tableaux, il peint généralement des scènes de son village natal. Avec des moyens réels, il bâtit une autre réalité où personnages, ani­maux et objets luttent contre les lois de la pesanteur et s'élèvent dans une ronde joyeuse. Chagall déclare:

Un vase debout n'existe pas: il faut qu'il tombe pour prouver qu'il peut être stable; un homme qui marche a besoin d'un vis à vis à l'envers pour souligner son mouvement; une vache est plus solide sur un toit que par terre. 

A cette époque, Apollinaire, voyant une toile de Chagall, s'écria: "C'est surnaturel". Blaise Cendrars baptise les tableaux de son ami par des titres qui entretiennent l'équivoque: A la Russie, aux ânes et aux autres, Le Poète ou Half past three

André Breton déclare à propos de Marc Chagall: 

C'est de cet instant (1911) que la métamorphose, avec lui seul, marque son entrée triomphale dans la peinture moderne. Pour consommer le bou­leversement des plans spatiaux préparé de longue main de Rimbaud et en même temps affranchir l'objet des lois de la pesanteur, de la gravité, abattre la barrière des éléments et des règnes, chez Chagall cette métamorphose se découvre d'emblée un support plastique dans l'image hypnagogique et dans l'ima­ge éidétique (ou esthétique) laquelle ne devait être décrite que plus tard avec tous les caractères que Chagall a su lui attribuer. 
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Marc Chagall - La Promenade.

En 1914, la guerre éclate. Chagall retourne à Vitebsk où, en 1915, il épouse Bella une amie d'enfance. Il part de Paris en laissant à la Ruche ses meilleures toiles: Saint Voiturier, Moi et le Village, Marchand de bestiaux, Le soldat boit, Rabbin jaune, Femme enceinte, toiles inspirées par son pays d'origine et dont quelques unes furent exposées au Salon des Indépendants et à la Galerie de Walden, directeur de Sturm

Son mariage avec Bella provoque en lui un tel bouleversement que sa femme devient presque le sujet unique de ses peintures: Bella au col blanc, Bella et Ida à la fenêtre, Les Amoureux en vert, Les Amou­reux en Jaune et surtout Anniversaire au sujet de laquelle Chagall déclare: 

Pour mon anniversaire de 1915, Bella est venue avec un bouquet. Cette réalité s'est transformée aussitôt en moi, une chimie s'est opérée; la mémoire, le sou­venir font de même. Monet était fidèle aux arbres qu'il avait devant lui, mais qui sont les arbres dont il avait besoin. De même, je pars d'un choc initial concret et spirituel, d'une chose précise et je vais vers quelque chose de plus abstrait.

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Marc Chagall - Crucifixion blanche
Mais, malheureusement, ce bonheur ne peut pas durer: la révolution russe éclate et le pessimisme que Chagall en ressent se retrouve dans ses toiles et en particulier La Maison Grise (1917).

Bientôt nommé Commissaire des Beaux-Arts pour la région de Vitebsk, il fonde des musées locaux et une académie où il invite des peintres d'avant-garde tels que Malevitch, Pougny, Lissitzky et son ancien maître Penn. 

J'avais admis dans mon école des gens de métier, des peintres en bâtiments, par exemple, qui connaissaient mieux le métier de peintre que moi. On travaillait sur commande et par concours en des ateliers communaux. On essayait de transporter l'art dans la vie, de la parer, on décorait les maisons, les tramways, les wagons de chemin de fer... 

Malheu­reusement, les idées de Chagall ne sont pas appréciées ni par le public, ni par les professeurs et, dégoûté, Chagall donne sa démission. Il se rend à Moscou où il est accueilli par Effoss et Granovski, le directeur du Théâtre d'Art Juif de l'Etat et devient metteur en scène. Il exécute des costumes, des décors et des peintures murales pour le théâtre.

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Marc Chagall - La Mariée
En 1922, les réformes de la politique culturelle l'obligent à quitter la Russie et à retourner à Paris, grâce à l'intervention de Baltrusaitis, ministre de Lituanie. 

A Paris, les surréalistes essayent de l'enrôler, mais en vain. Vollard le charge d'illustrer Les Ames Mortes de Gogol, les Fables de La Fontaine ainsi que la Bible. Découvrant le Midi de la France, Chagall, inspiré par la beauté de la végétation, compose une série de natures mortes et de paysages très lyriques. 

En 1931, il se rend en Palestine pour inaugurer le Musée de Tel-Aviv. Inspiré par l'Orient qu'il vient de découvrir, son art se renouvelle. Après 1935, son style évolue vers l'inspiration sociale et religieuse; il peint notamment une série de Crucifixions. En l939, il reçoit le prix Carnegie et se rend aux Etats-Unis où il reçoit un accueil triomphal. Il brosse alors de nombreux décors de ballets et, après la guerre, rentre à Paris et se fait naturaliser citoyen français. Sa gloire devient internationale et de nombreuses expositions sont organisées dans le monde entier.

En 1953, il peint des paysages de Paris en y mêlant le fantastique. Il s'intéresse également à lé céramique et exécute des vitraux pour les églises de Metz et d'Assy. la vie rurale [web520]


Marc Chagall - Vie rurale
En 1962, on inaugure à la synagogue de l'hôpital Hadasah de Jérusalem douze vitraux symbolisant les douze tribus. En septembre 1964, André Malraux inaugure le plafond de l'Opéra de Paris. Le style très personnel de Chagall devait avoir une influence considérable sur les surréalistes qui l'accusèrent cependant d'avoir une attitude trop littéraire vis à vis de la peinture, ce dont Chagall les accusait également: 

Tout peut changer dans notre monde démoralisé, à l'exception du coeur, de l'amour de l'homme et de son aspiration à connaître le divin. La peinture comme toute poésie, participe au divin; les gens le sentent aujourd'hui tout autant qu'ils le sentaient autrefois. Quelle pauvreté a entouré ma jeunesse, quelles épreuves a connues mon père avec nous qui étions neuf enfants, et pourtant il était toujours plein d'amour, et, à sa façon, un poète! C'est par lui que j'ai senti pour la première fois l'existence de la poésie sur cette terre. Après je l'ai sentie aussi pendant les nuits où je regardais le ciel sombre. Ensuite, j'ai appris qu'il y avait aussi un autre monde. Ceci me faisait mon­ter les larmes aux yeux tellement j'en étais ému.

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02/11/2008

Leonora Carrington

Leonora Carrington, poète et peintre, est la fille d'un industriel de Londres. Elle fréquenta l'atelier de Ozenfant, mais cette fréquentation ne l'a guère mar­quée.

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Leonora Carrington
Pendant les années d'avant-guerre, elle vit à Saint-Martin-d'Ardèche avec Max Ernst, séparé de sa première femme Marie-Berthe. En 1938, elle expose à Paris L'Assassin silencieux et Que ferons-nous demain, Amélie?. Elle participe éga­lement à l'exposition surréaliste d'Amsterdam où elle présente Le Repas de Lord Candlestiek" et Les Chevaux de Lord Candiestiek

Le caractère hypersensi­ble de cette femme faillit la mener à la folie. Dans En Bas, texte poétique publié en 1945, elle nous décrit son affolement devant l'invasion allemande. Pendant la guerre, Max Ernst, sujet allemand, est interné dans un camp près d'Aix-en-Provence. Leonora Carrington, se retrouvant seule, fuit en Espagne puis gagne New York. Max Ernst épouse alors Peggy Guggenheim et Leonora s'installe au Mexique.

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Leonora Carrington: Autoportrait
Dans des recueils tels que Waiting et The Swenth horse, Leonora Carrington mêle la poésie surréaliste, l'art romantique et le fantastique. Ses peintu­res se rattachent au même univers: Dans le jardin il joue tranquillement de la cornemuse (1944), A l'Auberge du Cheval d'Aube, La Chasse, La Dame ovale, Le Jardin enchanté, La Tentation de Saint-Antoine (1947).

Leonora Carrington est aussi l'auteur d'un grand nombre de recettes surréalistes de cuisine.

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Leonora Carrington - Le bain de l'oiseau.
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Leonora Carrington - Sans titre
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Leonora Carrington - Tentation de Saint Antoine

19:00 Écrit par Lucky dans 12 Peintres A-E | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : leonora carrington |  Facebook |