17/01/2009

Blaise Cendrars

Cendrars BlaiseSuisse de naissance, Biaise Cendrars n'a pas participé activement au mouvement surréaliste, mais, par sa manière de voir les choses, de les présen­ter avec humour, il peut faire figure de précurseur. De plus, durant toutes sa vie, Cendrars est resté en contact avec les surréalistes dont beaucoup fai­saient partie de son entourage et de celui d'Apollinaire. 

Blaise Cendrars est certainement le poète du XXe siècle dont la vie fut la plus aventureuse. A dix-sept ans (en 1905), il s'évade de sa pension et aboutit en Mandchourie pendant la guerre russo-japonaise. Jusqu'en 1912, il fait de nombreux séjours en Amériques et, après la guerre, publie Prose du Transsibé­rien, dont l'édition originale (un dépliant de deux mètres de long) est accompa­gnée d'une bande de "couleurs simultanées" de Sonia Delaunay. 

Ses principales oeuvres aux titres évocateurs sont presque toutes inspirées par ses voyages et ses aventures: Du Monde entier (1919), Dix-Neuf Poèmes Blastiques (1919), Feuilles de route (1924), Au Coeur du Monde (1944), Lotissement du ciel (1948). Blaise Cendrars écrivit également des autobiographies (L'Homme Foudroyé, Bour­linguer) et des romans (L'Or, Moravagine, Dan Yack).

Cendrars par Matisse


Modigliani - Portrait de Blaise Cendrars
 

19:00 Écrit par Lucky dans 15 Poètes A-Z | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : blaise cendrars |  Facebook |

16/01/2009

André Breton a dit...

Le seul mot liberté est tout ce qui m'exalte encore.

Je continue à ne rien apercevoir de commun entre la littérature et la poésie.

Il faut être allé au fond de la douleur humaine, en avoir découvert les étranges capacités pour pouvoir saluer du même don de soi-même ce qui vaut la peine de vi­vre.

La vie humaine ne serait pas cette déception pour certains si nous ne nous sentions constamment en puissance d'accomplir des actes au-dessus de nos forces. Il semble que le miracle même soit à notre portée.

Il arrive que des esprits, généreux pourtant, se refusent à admirer une cathédrale terminée. Ceux-là se tournent vers la poésie qui, par bonheur, en est restée à l'âge des persécutions.

J'ai opté en amour pour la forme passionnelle et exclusive, contre l'accommodement, le caprice et l'égarement.

Il faut désocculter l'occulte et occulter tout le reste.

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Georges Grosz

15/01/2009

André Breton - Le 13 l'échelle a frôlé le firmament

Celle qu'aima l'Amour, on sait que, pour avoir voulu le voir en l'éclairant d'une lampe alors qu'il dormait, elle le mit en fuite en lui laissant tomber sur la main une goutte d'huile enflammée. Il lui est dit qu'elle ne le retrouvera que tout en haut de la Tour dont l'escalier commence comme celui de l'Hôtel de la Reine Blanche à Paris mais se rompt et se hérisse de toujours plus d'obstacles en s'élevant labyrinthe vertical en coupe de murex tombé en ruines. On la voit sans souffle atteindre le sommet, sa gaze plus lacérée et plus lucide qu'une nuit d'été. Hélas, le dieu n'y est pas et les tentations d'en bas, innombrables joueuses de tympanon à tête de courtilière, y vont de leur ronde pour lui pomper le cœur: chérie c'en sera fait tu ne sentiras plus rien. C'est alors, mais seulement alors, que dans l'inouï s'assure et à toute volée retentit la voix de la Tour: "Les yeux fermés redescends par où tu es venue. Tu ne t'arrêteras pas au niveau du sol. C'est quand à nouveau tu seras parvenue ici en reflet que te sera révélé l'équi­libre des forces et que tu poseras le doigt sur le coffret de parfums

Constellations, 1961.

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Georges Grosz - The Lovesick Man - 1916

14/01/2009

André Breton - Femme et oiseau

Le chat rêve et ronronne dans la lutherie brune. Il scrute le fond de l'ébène et de biais lape à distance le tout vif acajou. C'est l'heure où le sphinx de la garance détend par milliers sa trompe autour de la fontaine de Vaucluse et où partout la femme n'est plus qu'un calice débordant de voyelles en liaison avec le magnolia inimitable de la nuit.

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Georges Grosz

13/01/2009

André Breton - Personnages dans la nuit guidés par les traces phosphorescentes des escargots

Rares sont ceux qui ont éprouvé le besoin d'une aide semblable en plein jour, - ce plein jour où le commun des mortels a l'aimable prétention de voir clair. Ils s'appellent Gérard, Xavier, Arthur... ceux qui ont su qu'au regard de ce qui serait à atteindre les chemins tracés, si fiers de leurs poteaux indicateurs et ne laissant rien à désirer sous le rapport du bien tangible appui du pied, ne mènent strictement nulle part. Je dis que les autres, qui se flattent d'avoir les yeux grands ouverts, sont à leur insu perdus dans un bois. A l'éveil, le tout serait de refuser à la fallacieuse clarté le sacri­fice de cette lueur de labradorite qui nous dérobe trop vite et si vaine­ment les prémonitions et les incitations du rêve de la nuit quand elle est tout ce que nous avons en propre pour nous diriger sans coup férir dans le dédale de la rue.

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Francis Picabia - Rastadada

12/01/2009

André Breton - Usine

La grande légende des voies ferrées et des réservoirs, la fatigue des bêtes de trait trouvent bien le coeur de certains hommes. En voici qui ont fait connaissance avec les courroies de transmission: c'est fini pour eux de la régularité de respirer. Les accidents du travail, nul ne me contredira, sont plus beaux que les mariages de raison. Cependant il arrive que la fille du patron traverse la cour. Il est plus facile de se débarrasser d'une tache de graisse que d'une feuille morte: au moins la main ne tremble pas. A égale distance des ateliers de fa­brication et de décor le prisme de surveillance joue malignement avec l'étoile d'embauche.

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Francis Picabia

11/01/2009

André Breton - Un château à la place de la tête

c'est aussi le Bazar de la Charité
Jeux très amusants pour tous âges;
Jeux poétiques, etc.
Je tiens Paris comme - pour vous dévoiler l'avenir - votre main ouverte
la taille bien prise.

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Francis Picabia