02/12/2008

Francis Picabia - Nager

Je suis le mirage au-dessus de la littérature
des absinthes bourgeoises.
Supposition tendre d'alcoolique buvard
auteur fantôme d'un travail nouveau!
La route est discrètement sauvage,
coupée d'illuminations.
La mort, occasion unique des splendeurs invisibles
est couchée sur un lit de repos.
Comme un poète impair,
je suis l'auteur de la mauvaise tenue.

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Francis Picabia - Balance

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01/12/2008

Francis Picabia - L'Enfant

L'automne est fané
par l'enfant
que nous aimons.
Ainsi qu'un vautour
sur une charogne
il diminue sa famille
puis disparaît
comme un papillon...

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Francis Picabia

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30/11/2008

Francis Picabia - Pyjama blanc

M'interrompant dans mon spleen
Sur une petite pelouse clergyman
Une jolie figure entre doucement dans ma propriété!
Venez sans perquisitions, tout bonnement
Et prenez le chemin des échantillons nouveaux.
Comme vous pouvez le voir je suis extraordinaire,
Je ne sais pas, conduisez-moi
Je veux visiter toutes les pièces
Et pour consacrer chaque instant à une complicité
Je vous ai apporté l'empreinte du petit cachet-diamant.
Je me tracasse encore comme si j'étais un autre
Cela est fort étrange... 

Février 1918 - Inédit.

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Francis Picabia

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29/11/2008

Francis Picabia: Labyrinthe

La volonté attend sans cesse
Un désir sans trouver.
Le cran d'arrêt passionne l'absence
de gaudriole.
Une cicatrice vers la nuit
profane la réflexion
II n'y a que détachement
incrédule.
On me fait souffrir
parce que je sais l'indifférence
Banalités embarquées sans cesse
sur elles-mêmes.
Les horizons attirent les yeux
de nos sentiments.

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Francis Picabia

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28/11/2008

Francis Picabia: Manifeste cannibale Dada

Tous êtes accusés, levez-vous. L'orateur ne peut vous parler que si vous êtes debout.
Debout comme pour la Marseillaise,
debout comme pour l'hymne russe,
debout comme pour le God save the King,
debout comme devant le drapeau
Enfin debout devant dada qui représente la vie et qui vous accuse
de tout aimer par snobisme du moment que cela coûte cher
Vous vous êtes tous rassis? Tant mieux, comme cela vous allez m'écouter
avec plus d'attention.
Que faites-vous ici, parqués comme des huîtres sérieuses - car vous êtes
Sérieux, n'est-ce pas?
Sérieux, sérieux, sérieux jusqu'à la mort.
La mort est une chose sérieuse, hein?
On meurt en héros ou en idiot, ce qui est la même chose.
Le seul mot qui ne soit pas éphémère c'est le mot mort. Vous aimez la mort pour
les autres.
A mort, à mort, à mort.
Il n'y a que l'argent qui ne meure pas, il part seulement en voyage.
C'est le Dieu, celui qu'on respecte, le personnage sérieux - argent respect des familles. Honneur, honneur de l'argent; l'homme qui a de l'argent est un homme honorable.
L'honneur s'achète et se vend comme le oui. Le cul, le cul représente la vie représente la vie comme les pommes frites, et vous tous qui êtes sérieux, vous sentirez plus mauvais que la merde de vache.
DADA lui ne sent rien, il n'est rien, rien, rien.
Il est comme vos espoirs: rien
comme vos paradis: rien
comme vos idoles: rien
comme vos hommes politiques: rien
comme vos héros: rien
comme vos artistes: rien
comme vos religions: rien
Sifflez, criez, cassez-moi la gueule et puis et puis? Je vous dirai encore que vous êtes tous des poires. Dans trois mois, nous vous vendrons, mes amis et moi, nos tableaux pour quelques francs. 

Francis Picabia. (Extrait de Dada n°7; DADAphone , Paris, 1920)

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Francis Picabia

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27/11/2008

Francis Picabia

dadanystiegPicabia1915S [web520]De son vrai nom Francis-Marie Martinez-Picabia et d'origine espagnole, il est né à Paris le 19 janvier 1879. Grâce à ses toiles d'optique bourgeoise, il rem­porte une mention au Salon des Artistes Français en 1895. Encouragé par le succès de ses expositions à Paris, Londres et Berlin, il peint des paysages d'inspiration impressionniste. 

A 28 ans, au faîte de la gloire, il décide de rompre avec le passé et se lance dans la peinture "des formes et des couleurs délivrées de leurs attributions sensorielles, une peinture située dans l'invention pure qui  recrée le monde suivant l'imagination de l'artiste". Dès lors, il rompt son contrat avec le marchand de tableaux Danthon et en 1909 crée la première oeuvre abstraite Caoutchouc

parade amoureuse 1917 [web520]


Francis Picabia - Parade amoureuse - 1917
portrait de femme aux allumettes n°1 1923 [web520]
Francis Picabia - Portrait de femme aux allumettes - 1923
voila la fille née sans mère [web520]
 Francis Picabia - Voilà la fille née sans mère

Il fait la connaissance de Marcel Duchamp et, en 1913, part pour New York où a lieu l'Armory Show, première exposition de peinture moderne dans le nouveau monde. Ses toiles remportent un énorme succès et il devient ainsi l'ambassadeur de l'avant-garde française. Alfred Stieglitz lui propose d'exposer à la galerie 291. 

De retour à Paris, il connaît une période très féconde. En 1913, au Salon d'automne, il présente Udnie jeune fille américaine et Edtaonisl-Ecclésiastique qui provoquent un énorme scandale. "Ce sont des oeuvres ardentes et folles qui narrent les étonnants conflits de la matière picturale et de l'imagination " déclare Apollinaire. Mais Picabia semble rester ignoré des autres peintres de l'époque qui ne le prennent pas au sérieux.

En 1913, il peint Catch as catch can, première toile "mécanique" où figure une imbrication d'éléments sans formes définies. En 19I4, de retour à New York, il fait la connaissance de Man Ray, Gliezes et le compositeur Edgard Varèse. En 1916, à Barcelone où il s'est rendu pour soigner une maladie, il fonde la revue 391.

 udnie 1913 [web520]


Francis Picabia - Udnie - 1913
la procession seville 1912 [web520]
 Francis Picabia - La procession Seville - 1912
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 Francis Picabia - Optophone
Reparti à nouveau en Amé­rique, il est de retour à Paris en 1917 où il poursuit ses oeuvres "mécaniques" telles que Enfant Carburateur, Magnéto, Presse hydraulique". Il publie alors en Suisse Poèmes et dessins de la fille née sans mère, L'Ilôt de Beau Séjour dans le Canton de Nudité, L'athlète des Pompes Funèbres, et Râteliers platoniques. 

Tristan Tzara, séduit par ces poèmes invite Picabia à venir rejoindre le groupe Dada à Zurich. En 1930, Picabia fait la connaissance d'André Breton. Il fonde alors la revue Cannibale et publie Jésus-Christ Rastaquouère ainsi que de nombreux poèmes. II peint la Femme aux allumettes (deux versions), un assemblage d'allu­mettes, de pièces de monnaie et de bigoudis, ainsi que l'Oeil Cacodylate où figurent de nombreuses signatures d'amis. Il compose les Machines héroïques et en 1920 publie Unique Eunuque. En 1921, il se brouille avec Dada finissant et, sous l'influence d'André Breton devient surréaliste. Il compose les décors et les cos­tumes des ballets Relâche dont il règle aussi la mise en scène.

 danseuse etoile sur un transatlantique 1913 [web520]


Francis Picabia - Danseuse étoile sur un transatlantique - 1912
edtaonisl clergyman 1913 [web520]
Francis Picabia - Edtaonisl (clergyman) - 1913
era 1929 [web520]
Francis Picabia - Era - 1929
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 Francis Picabia - Idyle - 1927
Picabia écrit également des scénarios pour films tels que Entracte de René Clair et  La Loi d'accommodation chez les borgnes. En 1926, une vente de ses tableaux a lieu à l'Hôtel Drouot. Une exposition a lieu au centre nautique de Cannes. Dès 1926, commence la période des transparences: ses toiles représentent alors plusieurs images superposées. De grandes expositions se succédèrent alors: en 1931, première grande rétrospective à la Galerie Léonce Rosenberg; en 1946, à la Galerie Denise René et en 1949 à la Galerie Drovin. Picabia, atteint d'une hémorragie cérébrale, meurt le 30 novembre 1949. 

Picabia fut un personnage très curieux et doué d'une forte personnalité. Toute sa vie, il changea continuellement de lieu de résidence, d'idées, d'amis et de styles, mais quoi qu'il fit, il était toujours avide de scandale et cherchait toujours à étonner le public.

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Francis Picabia - Cinq femmes
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Francis Picabia - Ridens - 1929
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Francis Picabia - Très rare tableau sur la terre
voila la femme [web520]
Francis Picabia - Voilà la femme
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Francis Picabia - Paysage à Cassis

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27/09/2008

Déclarations dadaïstes

La raison est une lumière qui fait voir les choses comme elles ne sont pas, et puis, du reste, comment sont-elles?

Picabia 

C'est fini la peinture. Qui ferait mieux que cette hélice? Dis, tu peux faire ça? 

Duchamp 

Je suis pour l'action, pour la continuelle contradiction aussi; je ne suis ni pour ni contre et je n'explique pas, car je hais le bon sens.  

Tzara 

Chaque page doit exploser, soit par le sérieux profond et lourd, le tourbillon, le vertige, le nouveau, l'éternel, par la blague écrasante, par l'en­thousiasme des principes ou par la façon d'être imprimée.  

Qu'est-ce que c'est beau? Qu'est-ce que c'est laid? Qu'est-ce que c'est grand, fort, faible? Qu'est-ce que c'est Carpentier, Renan, Foch? Connais pas. Qu'est-ce que c'est moi? Connais pas, connais pas, connais pas. 

Ribemont-Dessaigne 

Dada est l'art sans pantoufles ni parallèles; qui est contre et pour l'uni­té et décidément contre le futur... Nécessité sévère sans discipline ni mo­rale et crachons sur l'humanité.  

Tzara.  

PANTINS-PANTINS-PANTINS - voulez-vous de beaux pantins de bois coloriés? Deux yeux flamme-morte et la rondelle de cristal d'un monocle - avec une pieuvre machine à écrire - j'aime mieux. 

Plus de peintres, plus de littérateurs, plus de musiciens, plus de sculpteurs, plus de religions, plus de républicains, plus de royalistes, plus d'impérialistes, plus d'anarchistes... plus rien, rien, RIEN, RIEN, RIEN. 

Vaché.