18/02/2009

Max Jacob

Jacob MaxMax Jacob est né à Quimper (Bretagne) le 11 juillet 1876. En 1894, il est admis, sans examen d'entrée, à l'Ecole Coloniale. Rappelé à Quimper pour faire son service militaire, puis réformé, Max Jacob passe quelques temps dans sa ville natale, puis gagne Paris. 

En 1901, il fait la connaissance de Picasso, en 1905 celle de Salmon et en 1905 celle de Guillaume Apollinaire. Mais un jour de 1909, Max Jacob, de religion israélite, voit le Christ illuminer sa chambre, ce qui l'entraîne à se convertir, choisissant Picasso comme parrain. En 1919, quatre ans après sa conversion, il retrace ses expériences religieuses dans La Défense de Tartuffe

En 1920, il expose ses peintures chez Bernheim. En juin 1921, Max Jacob se retire à l'ombre de l'abbaye bénédictine de Saint-Benoit-sur-Loire. En 1925, il voyage en Italie et l'année suivante en Espagne. De retour à Paris en 1928, il regagne Saint-Benoît-sur-Loire en 1936. La Gestapo l'y arrête en février 1944. Max Jacob meurt au camp de Drancy le 5 mars 1944. 

Max Jacob se montra, durant toute sa vie, un vif défenseur des mouvements d'avant-garde et, dans ses recueils de poèmes en prose, se montre précurseur du surréalisme par son usage de l'automatisme et du rêve éveillé. Ces prin­cipaux recueils sont: Oeuvres burlesques et mystiques de frère Matorel, mort au couvent de Barcelone (1912), Le Cornet à dés (1917), Laboratoire central (1921), Sacrifice impérial (1929), Ballades (1958),... 

Max Jacob fut aussi essayiste, mora­liste et romancier. Peintre en même temps qu'écrivain, il a exécuté des gouaches représentant des scènes de théâtre et la vie des rues parisiennes avec un talent beaucoup plus réaliste que dans ses écrits.

Jacob Max par Modigliani [web520]


Max Jacob par Modigliani

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17/02/2009

Paul Eluard - Sonnant les cloches du hasard

Sonnant les cloches du hasard à toute volée
Ils jouèrent à jeter les cartes par la fenêtre
Les désirs du gagnant prirent corps d'horizon
Dans le sillage des délivrances. 

Il brûla les racines les sommets disparurent
Il brisa les barrières du soleil des étangs
Dans les plaines nocturnes le feu chercha l'aurore
Il commença tous les voyages par la fin

Et sur toutes les routes
Et la terre devint a se perdre nouvelles
 

L'Amour la Poésie - 1929.

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Hans Bellmer

16/02/2009

Paul Eluard - Je te l'ai dit pour les nuages

Je te l'ai dit pour les nuages
Je te l'ai dit pour l'arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l'oeil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l'ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent. 

L'Amour la Poésie - 1929

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Hans Bellmer

15/02/2009

Paul Eluard - L'aventure est pendue au cou de son rival

L'aventure est pendue au cou de son rival
L'amour dont le regard se retrouve ou s'égare
Sur les places des yeux désertes ou peuplées.

Toutes les aventures de la face humaine,
Cris sans échos, signes de mort, temps hors mémoire,
Tant de beaux visages, si beaux
Que les larmes les cachent
Tant d'yeux aussi sûrs de leur nuit
Que des amants mourant ensemble,
Tant de baisers sous roche et tant d'eau sans nuages,
Apparitions surgies d'absences éternelles,
Tout était digne d'être aimé,

Les trésors sont des murs et leur ombre est aveugle
Et l'amour est au monde pour l'oubli du monde.

Défense de savoir - 1928

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Ans Arp

19:00 Écrit par Lucky dans 16 Textes et poésies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul eluard, ans arp |  Facebook |

14/02/2009

Paul Eluard - Le miroir d'un moment

Il dissipe le jour,
Il montre aux hommes les images déliées de l'apparence,
Il enlève aux hommes la possibilité de se distraire,
Il est dur comme la pierre,
La pierre informe,
La pierre du mouvement et de la vue,
Et son éclat est tel que toutes les armures, tous les masques en sont faussés
Ce que la main a pris dédaigne même de prendre la forme de la main,
Ce qui a été compris n'existe plus,
L'oiseau s'est confondu avec le vent,
Le ciel avec sa vérité,
L'homme avec sa réalité.

Capitale de la Douleur - 1926

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Giorgio de Chirico

13/02/2009

Paul Eluard - Le grand jour

À Gala Eluard. 

Viens, monte. Bientôt les plumes les plus légères, scaphandrier de l'air, te tiendront par le cou.
La terre ne porte que le nécessaire et tes oiseaux de telle espèce, sourire. Aux lieux de ta tristesse, comme une ombre derrière l'amour, le paysa­ge couvre tout.
Tiens vite, cours. Si ton corps va plus vite que tes pensées, mais rien, entends-tu? rien, ne peut te dépasser. 

Les Nécessites de la Vie et les conséquences des rêves, précédés d'exemples - 1921.

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Giorgio de Chirico.

12/02/2009

Paul Eluard - Dormeur

Triste, il va mourir d'étrange façon,
Les yeux tomberont dans le sac des joues,
Lèvres aspirées, nez étroit,
Espoir: il dormira.
Les mains, les pieds balancés
Sur tant de mers, tant de planchers,
Un marin mort,
II dormira.
Fouets accrochés, poches, gousset,
La chaise est plus lourde,
Le sol plus étroit,
Mais le sommeil ne compte en promenade.
Jeune mort, mort d'avenir

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Giorgio de Chirico