21/01/2009

Achille Chavée

Chavée AchilleAchille Chavée, l'un des principaux poètes surréalistes belges, est né à Charleroi en 1906. En 1933, il fonde à La Louvière le groupe Rupture qui prendra bientôt le titre de Groupe Surréaliste du Hainaut.

En 1955, il publie l'éphémère revue Mauvais Temps. Il fait la connaissance de René Magritte et collabore avec lui au groupe surréaliste belge. En 1936 et 1937, il combat en Espagne dans les Brigades Internationales. 

Ce grand poète malheureusement trop méconnu a publié de nombreux recueils dont les principaux sont Pour Cause Déterminée (1935), D'Ombre et de Sang (1945), Blason d'Amour (1950), A Pierre fendre (1952), et Cristal de Vivre (1954). 

Toute l'oeuvre d'Achille Chavée est vivement illuminée par la sincérité. Ses poèmes ont non seulement une valeur de témoignage, mais fourmillent d'images dures, implacables, brûlantes, chargées d'un humour d'écorché vif. Il serait temps de tirer l'oeuvre de Chavée de sa solitude.

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René Magritte

20/01/2009

Blaise Cendrars - Eloge de la vie dangereuse

Une fois de plus la vie change du tout au tout et recommence. "Donnez-moi le septième cil de la paupière gauche, le septième de la rangée supérieure, à compter de la glande lacrymale", disait le sage des Indes. Contemplation. Oeil de chat, Objectif. L'iris de sa prunelle cristalline grandissait, se ra­petissait, culbutait comme le revolver de un Bell-Howel. On tourne! Un grand figuier blanc se dénouait comme la chevelure du soleil et mille branches retombaient pour reprendre immédiatement racine. 

Praia Grande - 15 mars 1926.

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Giorgio de Chirico

19/01/2009

Blaise Cendrars - Le ravissement d'amour

49.

Un cierge brûle. Sa flamme se couche. Une ombre glisse devant l'autel. Une robe bat des ailes. Bras au corps! C'est le vent de la prière. L'attirance. La bouche ouverte. L'envol. A genoux! Rabats ton capuchon. Les pieds nus dans les sandales. Tes mains tire nerveusement sur la cordelière. Joins les mains! D'autres mains officient. Des mains nues. Les doigts nus et fragiles qui se tendent comme des rayons. L'anneau, Un dard sans aucune hésitation. L'Hostie, et c'est la culbute dans l'eucharistie, le coeur percé. Un vol de guêpe. Une larme de cire. Une goûte brûlante. Le sceau sur les lè­vres. Les larmes. La douleur est fulgurante.

50.

La Mort. La Vie. Déglutination.

51.

Sustentation.

52.

On ne peut pas être rassasié d'amour.

53.

Incendie d'amour divin, rameau d'or, fleur de Jessé, échelle de Jacob.

54.

Les Bienheureux.

55.

L'esprit s'effare dans la cellule. La tonsure au plafond. Un coup. C'est vertigineux. Un coup. Le frisson de l'aube. Un coup. La cloche tinte. Un coup espacé. Le moine blanc se donne la discipline. Un coup. Un coup. Matines. Reste à genoux!

Extrait du Lotissement du Ciel -1948.

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Giorgio de Chirico

18/01/2009

Blaise Cendrars - Aux 5 coins

Oser et faire du bruit
Tout est couleur mouvement explosion lumière
La vie fleurit aux fenêtres du soleil
Qui se font dans ma bouche
Je suis mûr
Et Je tombe translucide dans la rue

Tu parles, mon vieux
Je ne sais pas ouvrir les yeux?
Bouche d'or
La poésie est en jeu

Février 1914

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Giorgio de Chirico

17/01/2009

Blaise Cendrars

Cendrars BlaiseSuisse de naissance, Biaise Cendrars n'a pas participé activement au mouvement surréaliste, mais, par sa manière de voir les choses, de les présen­ter avec humour, il peut faire figure de précurseur. De plus, durant toutes sa vie, Cendrars est resté en contact avec les surréalistes dont beaucoup fai­saient partie de son entourage et de celui d'Apollinaire. 

Blaise Cendrars est certainement le poète du XXe siècle dont la vie fut la plus aventureuse. A dix-sept ans (en 1905), il s'évade de sa pension et aboutit en Mandchourie pendant la guerre russo-japonaise. Jusqu'en 1912, il fait de nombreux séjours en Amériques et, après la guerre, publie Prose du Transsibé­rien, dont l'édition originale (un dépliant de deux mètres de long) est accompa­gnée d'une bande de "couleurs simultanées" de Sonia Delaunay. 

Ses principales oeuvres aux titres évocateurs sont presque toutes inspirées par ses voyages et ses aventures: Du Monde entier (1919), Dix-Neuf Poèmes Blastiques (1919), Feuilles de route (1924), Au Coeur du Monde (1944), Lotissement du ciel (1948). Blaise Cendrars écrivit également des autobiographies (L'Homme Foudroyé, Bour­linguer) et des romans (L'Or, Moravagine, Dan Yack).

Cendrars par Matisse


Modigliani - Portrait de Blaise Cendrars
 

19:00 Écrit par Lucky dans 15 Poètes A-Z | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : blaise cendrars |  Facebook |

16/01/2009

André Breton a dit...

Le seul mot liberté est tout ce qui m'exalte encore.

Je continue à ne rien apercevoir de commun entre la littérature et la poésie.

Il faut être allé au fond de la douleur humaine, en avoir découvert les étranges capacités pour pouvoir saluer du même don de soi-même ce qui vaut la peine de vi­vre.

La vie humaine ne serait pas cette déception pour certains si nous ne nous sentions constamment en puissance d'accomplir des actes au-dessus de nos forces. Il semble que le miracle même soit à notre portée.

Il arrive que des esprits, généreux pourtant, se refusent à admirer une cathédrale terminée. Ceux-là se tournent vers la poésie qui, par bonheur, en est restée à l'âge des persécutions.

J'ai opté en amour pour la forme passionnelle et exclusive, contre l'accommodement, le caprice et l'égarement.

Il faut désocculter l'occulte et occulter tout le reste.

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Georges Grosz

15/01/2009

André Breton - Le 13 l'échelle a frôlé le firmament

Celle qu'aima l'Amour, on sait que, pour avoir voulu le voir en l'éclairant d'une lampe alors qu'il dormait, elle le mit en fuite en lui laissant tomber sur la main une goutte d'huile enflammée. Il lui est dit qu'elle ne le retrouvera que tout en haut de la Tour dont l'escalier commence comme celui de l'Hôtel de la Reine Blanche à Paris mais se rompt et se hérisse de toujours plus d'obstacles en s'élevant labyrinthe vertical en coupe de murex tombé en ruines. On la voit sans souffle atteindre le sommet, sa gaze plus lacérée et plus lucide qu'une nuit d'été. Hélas, le dieu n'y est pas et les tentations d'en bas, innombrables joueuses de tympanon à tête de courtilière, y vont de leur ronde pour lui pomper le cœur: chérie c'en sera fait tu ne sentiras plus rien. C'est alors, mais seulement alors, que dans l'inouï s'assure et à toute volée retentit la voix de la Tour: "Les yeux fermés redescends par où tu es venue. Tu ne t'arrêteras pas au niveau du sol. C'est quand à nouveau tu seras parvenue ici en reflet que te sera révélé l'équi­libre des forces et que tu poseras le doigt sur le coffret de parfums

Constellations, 1961.

George_Grosz,_The_Lovesick_Man,_1916


Georges Grosz - The Lovesick Man - 1916