30/12/2008

André Breton - Le buvard de cendre

A Robert Desnos 

Les oiseaux s'ennuieront
Si j'avais oublié quelque chose
Sonnez la cloche de ces sorties d'école dans la mer
Ce que nous appellerons la bourrache pensive
On commence par donner là solution du concours
A savoir combien de larmes peuvent tenir dans une main de femme

1° aussi petite que possible
2° dans une main moyenne 

Tandis que je froisse ce journal étoilé
Et que les chairs éternelles entrées une fois pour toutes en possession du sommet des montagnes
J'habite sauvagement une petite maison du Vaucluse
 

Coeur lettre de cachet

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Dorothea Tanning

29/12/2008

André Breton - Cartes sur des dunes

A Giuseppe Ungaretti. 

L'horaire de fleurs creuses et des pommettes saillantes nous invite à quitter les salières volcaniques pour les baignoires d'oiseaux. Sur une serviette damée rouge sont disposés les jours de l'année. L'air n'est plus si pur, la route n'est plus si large que le célèbre clairon. Dans une valise peinte de gros vers on emporte les soirs périssables qui sont la place des genoux sur un prie-Dieu. De petites bicyclettes côtelées tournent sur le comptoir. L'oreille des poissons, plus fourchue que le chèvrefeuille écoute descendre les huiles bleues. Parmi les burnous éclatants dont la charge se perd dans les rideaux, je reconnais un homme issu de mon sang.

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Dorothea Tanning

28/12/2008

André Breton - L'Union libre

Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d'éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur
Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d'ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d'hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant
Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle
Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaines à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d'allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d'as de cœur
Aux doigté de foin coupé
Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
Se nuit de la Saint-Jean
De troène et de nid de scalares
Aux bras d'écume de mer et d'écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d'initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent
Ma femme au cou d'orge imperlé
Ma femme à la gorge de Val d'Or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux sein de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine
Ma femme aux seins de creuset de rubis
Aux seins de spectre de la rosé sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical
Au dos de vif argent
Au dos de lumière
A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèches
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d'amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne
Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque
Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens
Ma femme au sexe de miroir
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu

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Dorothea Tanning

10/12/2008

Dorothea Tanning

tanning_by_robert_bruce_194301Dorothea Tanning, née à Galesbourg (Illinois) exposait depuis peu chez Julian Lévy lorsqu'elle rencontra les surréalistes. En 1946, elle épouse le peintre Max Ernst et vit avec lui en France. 

Ses toiles, d'abord très léchées, représentent généralement des jeunes filles, comme somnambules, dans des pièces vides. Ses principales toiles sont Jeux d'Enfants (1942), Une Petite Musique de Nuit (1944), Scène d'intimité accompagnée de joie subite (1946), Birthday (1942), Un après-midi à Paris et Maternité (1946). 

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Dorothea Tanning - Petite musique de nuit
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Dorothea Tanning - Anniversaire
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Dorothea Tanning - La Chambre d'Amis

19:00 Écrit par Lucky dans 14 Peintres P-Z | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dorothea tanning |  Facebook |