05/01/2009

André Breton - Intérieur

Une table servie du plus grand luxe
Démesurément longue
Me sépare de la femme de ma vie
Que je vois mal
Dans l'étoile des verres de toutes tailles qui la tient renversée en arrière
Décolletée en coup de vent.

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Félix Labisse

04/01/2009

André Breton - Rano Raraku

Que c'est beau le monde
La Grèce n'a jamais existé
Ils ne passeront pas
Mon cheval trouve son picotin dans le cratère
Des hommes-oiseaux des nageurs courbes
Volètent autour de ma tête car
C'est moi aussi
Qui suis là
Aux trois quarts enlisé
Plaisantant les ethnologues
Dans l'amicale nuit du Sud
Ils ne passeront pas
La plaine est immense
Ceux qui s'avancent sont ridicules
Les hautes images sont tombées.

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Félix Labisse - Femme à la cape.

03/01/2009

André Breton - Korwar

Tu tiens comme pas un
Tu as été pris comme tu sortais de la vie
Pour y rentrer
Je ne sais pas si c'est dans un sens ou dans l'autre que tu ébranles la grille du parc
Tu as relevé contre ton coeur l'herbe serpentine
Et à jamais bouclé les paradisiers du ciel rauque
Ton regard est extra-lucide
Tu es assis                                                                                                     ,
Et nous aussi nous sommes assis
Le crâne encore pour quelques jours
Dans la cuvette de nos traits
Tous nos actes sont devant nous
A bout de bras
Dans la vrille de la vigne de nos petits
Tu nous la bailles belle sur l'existentialisme
Tu n'es pas piqué des vers

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Félix Labisse

02/01/2009

André Breton - Mot à mante

I. La courte échelle 

Passe un nuagenouillé
Devant les mots qui sont la lune
(Les cornes de la girafenêtre)
J'ai demandé un cafélin
...Non pas de croissantos-dumont
Ce qui était espacétoine
Se fait muscadenas
Pour l'action toute neuve
Voici le vitrier sur le volet
Dans la langue totémique Mattatoucantharide
Mattalismancenillier
 

II. La porte bat 

La por por poète por
La fe nê tre
Sur l'odeur amère de limurerre
Qui me rappelle Milady de Winter
Lissant son cheautru derrière les losanges de la pluie
Brifrouse-bifrousses le planoher est si vieux
Qu'à travers on voit le feu de la terre
Toutes les belles à leur coumicouroir
Comme les hirondelles
Sur les fils   où je joue   dans les gouttes
D'un instrument inconnu
Oumyoblisoettiste
Au coeur de ce noeud de serpents
Qu'est la croix ses quatre gueules fuyantes suspendues aux pis cardinaux

aventure peermanente


Félix Labisse - Aventure permanente.

19:00 Écrit par Lucky dans 15 Poètes A-Z | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : andre breton, felix labisse |  Facebook |

01/01/2009

André Breton - André Derain

chante-pinson-dressoir et pots crus en poète.
Il s'entend de patine à velouter;
le soir
une fleur des genêts sa corne vous lutine.
Allons!
tant qu'un neigeux Olympe déjeunait
en voulut-il
à son éclat? - Pommiers. - Songeuse
mystique aux mains
ces langes bleus comme un glaçon;
l'humain frémisse
et toi: le premier né c'est l'ange! 

- A vol d'oiseau. - Que mousse
entre vos feuilles, toits exquis
la rose blanche et qui fond, de fumée!
où, selon que mes doigts
débouchent à l'odeur - Mai!-ce tube ou
d'almée
un pantalon chiffonnent,
m'épandre aussi verdeur à travers?
Q'un semblant de cornette bouffonne
(et ta coiffe empesée)
appelle: tout tremblant
le ramage turquin, ma soeur, des noms en zée.

Ah! plus ce brouillard tendre.

Extraits de Mont de Piété, 1919.

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Félix Labisse

31/12/2008

André Breton - Coqs de bruyère

Coqs de bruyère... et seront-ce coquetterie
de péril
ou de casques couleur de quetsche?
Oh! surtout
qu'elle fripe un gant de suède chaud
soutenant quel»
feux de Bengale gâteries!

Au Tyrol, quand les bois se foncent, de tout
l'être abdiquant un
destin
digne, au plus, de chromos savoureux,
mon
remords: sa rudesse, des maux,
je dégage les capucines de sa lettre.

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Félix Labisse

19/11/2008

Félix Labisse

labssNé à Douai en 1905, Félix Labisse fréquenta James Ensor à Ostende vers 1925. Autodidacte, il expose d'abord dans les régions du Nord et en particulier à Ostende, Courtrai, Anvers, puis Amsterdam et Bruxelles. 

En 1932, il vient à Paris puis expose à Cologne et en Amérique du Sud. A partir de  1934, il exécute des décors (notamment pour Jean-Louis Barrault) et illustre des livres. 

Pendant la guerre, il expose à Paris, au Salon d'Automne, au Salon des Tuileries, puis, au Salon de Mai. Sa première toile surréaliste date de 1938 et est intitulée Le Piano. Il exécute des décors pour des pièces telles que Autour d'une mère, Liliom, Noé et Hamlet ou illustre Andromède de Desnos et Sur-mâle de Jarry. 

aventure peermanente


Félix Labisse - Aventure permanente.

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Félix Labisse - Histoire naturelle
Dans ses peintures d'un sadisme presque liturgique, la femme est le thème le plus fréquent: L'Arbre anthropophage (1941), L'Explorateur (1944), Le Baptême du Sang (1942) représente un buste de femme aux seins nus, tête voilée d'un linge et mains sanglantes; L'Avenir Dévoilé, est un buste de femme vêtu d'un collant fen­du d'ouvertures pour les seins. Citons encore comme autres peintures: La Menace (1943), Le Bonheur d'être aimée (1943), La Matinée Poétique (1944), L'Aventure permanente (1944) et Ophélie (1941).  

Dans un style objectif, simple et précis, Félix Labisse assemble, dans un décor emprunté à la vie courante, les objets les plus insolites, créant ainsi des rapports cocasses (La Parque du Prince - 1943).

femme à la cape [web520]


Félix Labisse - Femme à la cape.

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Félix Labisse - Le Bain

maquis à Malaise 1958 [web520]


Félix Labisse - Maquis à Malaise - 1958
zenobie 1975 [web520]
Félix Labisse - Zénobie - 1975

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Félix Labisse - Histoire naturelle: la locuste

19:00 Écrit par Lucky dans 13 Peintres F-M | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : felix labisse |  Facebook |