16/01/2009

André Breton a dit...

Le seul mot liberté est tout ce qui m'exalte encore.

Je continue à ne rien apercevoir de commun entre la littérature et la poésie.

Il faut être allé au fond de la douleur humaine, en avoir découvert les étranges capacités pour pouvoir saluer du même don de soi-même ce qui vaut la peine de vi­vre.

La vie humaine ne serait pas cette déception pour certains si nous ne nous sentions constamment en puissance d'accomplir des actes au-dessus de nos forces. Il semble que le miracle même soit à notre portée.

Il arrive que des esprits, généreux pourtant, se refusent à admirer une cathédrale terminée. Ceux-là se tournent vers la poésie qui, par bonheur, en est restée à l'âge des persécutions.

J'ai opté en amour pour la forme passionnelle et exclusive, contre l'accommodement, le caprice et l'égarement.

Il faut désocculter l'occulte et occulter tout le reste.

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Georges Grosz

15/01/2009

André Breton - Le 13 l'échelle a frôlé le firmament

Celle qu'aima l'Amour, on sait que, pour avoir voulu le voir en l'éclairant d'une lampe alors qu'il dormait, elle le mit en fuite en lui laissant tomber sur la main une goutte d'huile enflammée. Il lui est dit qu'elle ne le retrouvera que tout en haut de la Tour dont l'escalier commence comme celui de l'Hôtel de la Reine Blanche à Paris mais se rompt et se hérisse de toujours plus d'obstacles en s'élevant labyrinthe vertical en coupe de murex tombé en ruines. On la voit sans souffle atteindre le sommet, sa gaze plus lacérée et plus lucide qu'une nuit d'été. Hélas, le dieu n'y est pas et les tentations d'en bas, innombrables joueuses de tympanon à tête de courtilière, y vont de leur ronde pour lui pomper le cœur: chérie c'en sera fait tu ne sentiras plus rien. C'est alors, mais seulement alors, que dans l'inouï s'assure et à toute volée retentit la voix de la Tour: "Les yeux fermés redescends par où tu es venue. Tu ne t'arrêteras pas au niveau du sol. C'est quand à nouveau tu seras parvenue ici en reflet que te sera révélé l'équi­libre des forces et que tu poseras le doigt sur le coffret de parfums

Constellations, 1961.

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Georges Grosz - The Lovesick Man - 1916

14/01/2009

André Breton - Femme et oiseau

Le chat rêve et ronronne dans la lutherie brune. Il scrute le fond de l'ébène et de biais lape à distance le tout vif acajou. C'est l'heure où le sphinx de la garance détend par milliers sa trompe autour de la fontaine de Vaucluse et où partout la femme n'est plus qu'un calice débordant de voyelles en liaison avec le magnolia inimitable de la nuit.

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Georges Grosz

18/11/2008

Georges Grosz

grosz_sm_pg222Georges Grosz, peintre américain d'origine allemande, est né à Berlin en 1893 et y mourut en 1959. Elève des écoles de Dresde puis de Berlin, il exécute des dessins humoristiques pour les journaux. 

Après un séjour à Paris, il se rap­proche des mouvements dadaïste et futuriste (Hommage à Oscar Fanizza - 1917-1918) II revient en Allemagne et fonde la revue Pfeife. Il se lie alors au mouvement de la Neue Sachlichkeit. 

Parfait observateur de la vie quotidienne, Georges Grosz s'acharne à dépeindre, dans un graphisme expressionniste, les vices de la socié­té. Il publie plusieurs ouvrages d'un esprit caricatural où il déforme cruelle­ment la réalité. La Vie d'un Socialiste (1920), Ecce Homo (1923) et Miroir du Bourgeois (1925) qui lui voudra une poursuite en justice. Il se réfugie alors en Provence puis en Amérique où il se fixe en 1933 et se fait naturaliser en 1938.

Dans la dernière partie de sa vie, il renie l'art moderne et préconise un retour au réalisme rigoureux. Le Musée National d'Art Moderne possède son Etala­ge de Boucherie de 1931. 

Si, dans le cadre de cette étude, nous retenons le nom de Georges Grosz, c'est parce que, tout comme le mouvement dada dont il fit partie, cet artiste a laissé une image cruelle et même féroce du trouble moral de son temps.

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Georges Grosz - Eclipse.
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Georges Grosz - Les automates républicains - 1909
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Georges Grosz - Les piliers de la société

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Georges Grosz - Suicide
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Georges Grosz - L'Agitateur

19:00 Écrit par Lucky dans 13 Peintres F-M | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges grosz |  Facebook |