13/11/2008

Marcel Duchamp

duchampMarcel Duchamp est né le 28 juillet 1887' à Blainville près de Rouen d'un père no taire. Duchamp a comme frères Gaston qui se fit connaître comme peintre sous le nom de Jacques Villon et Raymond qui devint sculpteur cubiste sous le nom de Duchamp-Villon. Suzanne Duchamp devint l'épouse du peintre Crotti en 1919. 

Dès 1902, Marcel commence à peindre, écoutant les conseils de son grand-père ma­ternel, Emile Nicolle, peintre et graveur. C'est cette année que Duchamp réalisa les premiers portraits de sa soeur Suzanne et qu'il peignit l'Eglise de Blainville. En 1904, il entre à l'école Bossuet et, après avoir passé son baccalauréat, rejoint ses frères à Paris où il s'inscrit à l'Académie Julian.

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Marcel Duchamp - La Joconde L.H.O.O.Q.
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Marcel Duchamp - Mariée
Après avoir exé­cuté quelques vignettes pour Le Rire et Le Courrier Français, il se rend à Rouen et fait un stage dans une imprimerie. En octobre 1906, il retourne à Paris où il subit l'influence des fauves. En 1909, Duchamp expose au Salon des Indépendants, au Salon d'Automne et à la Société Normande de Peinture. Duchamp subit alors l'influence du cubisme en participant aux réunions et discussions d'artistes que ses frères organisent. 

En 1911, il expose au Salon d'Automne son Portrait où on sent déjà cette influence, que l'on retrouve, plus précise, dans Yvonne et Magdeleine déchiquetées et Les Joueurs d'échec. Déjà à cette époque, Duchamp, avant de commencer une toile, exécute de très nombreux dessins préparatoires où il analyse minutieusement chaque détail.

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Marcel Duchamp - Nu descendant un escalier.
Installé à Neuilly, Duchamp peint en janvier 1912 Nu descendant un escalier et Jeune homme triste dans un train: ce sont les premières toiles, influencées par le cubisme et le futurisme où le peintre décompose le mouvement et superposent plusieurs images. En mai, Duchamp peint Le Roi et la Reine entourés de Nus, vite et, en juillet, visite Munich, Vienne, Prague et Berlin. C'est dans la capitale bavaroise qu'il peint Le Passa­ge de la Vierge à la Mariée et La Mariée. Il exécute également des dessins préparatoires à La Mariée mise à nu par les Célibataires même

En octobre 1912, il expose au Salon de la Section d'0r. Il décide de renoncer à la peinture et accepte un emploi à la bibliothèque Sainte Geneviève. En févier 1915, à New York, s'ouvre l'Armory Show: les peintures de Duchamp y remportent un succès considé­rable et le peintre devient bientôt célèbre en Amérique. Pendant ce temps, Duchamp réalise ses premiers ready-made: Roue de bicyclette (montée sur un tabouret), Bruit secret (pelote de ficelle serrée entre deux plaques de laiton), Pharmacie (chromo où figurent deux personnes évoquant des bouteilles de pharmacie) et Belle Haleine (eau de toilette surchargée d'une photo de Duchamp en femme).

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Marcel Duchamp - Pourquoi ne pas éternuer Rose Selavy
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Marcel Duchamp - Ready made: porte-bouteille
Vu le succès qu'il remporte aux USA, Duchamp se rend à New York en 1915 et y rencontre Picabia et Arensberg. Duchamp y compose La Mariée mise à nu par les Célibataires même (aussi appelé Le Grand Verre) qu'il mit huit ans à terminer. En 1917, il présente Fountain, un urinoir signé R.Mutt, qui est refusé au Salon des Indépendants de New York. L'année suivante, Duchamp peint sa dernière toile intitulée Tu m' et s'embarque pour l'Amérique du Sud. Il décide alors d'abandonner totalement la peinture.

En 1919, il rentre à Paris et entre en contact avec les dadaïstes. Vers cette période, il compose La Joconde L.H.O.O.Q. : c'est une reproduction de La Joconde à laquelle il a ajouté des moustaches. En 1923, au grand étonnement de tous, Duchamp se consacre au marché d'art pour lequel il avait toujours éprouvé une grande aversion. 

En 1936, il participe à des expositions à Londres, New York et Chicago et compose un plafond en sacs de charbon pour l'Exposition Internationale du Surréalisme à Paris. Dès 1927, Duchamp se consacre énormément aux échecs dont il est un des grands champions.

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Marcel Duchamp - Ready made: urinoir.
En 1940, il publie Boîte en Valise: c'est un musée portatif contenant 68 reproductions miniatures de ses oeuvres, des documents, des méditations préparatoires, des projets et des notes. Cette boîte comprend également des textes humoristi­ques, une ampoule de verre contenant 50 cm cube d'air de Paris, une petite housse de machine à écrire, une fontaine urinoir microscopique et une mini boîte à sucre.

De 1941 à 1946, Duchamp vit à New York de leçon de français et participe à des tournois d'échecs. Depuis lors, il partage sa vie entre la France et l'Amérique. Pendant toute sa vie Duchamp sera resté un homme distant, toujours solitaire, retiré et secret.

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Marcel Duchamp - La jeune mariée mise à nu

19:00 Écrit par Lucky dans 12 Peintres A-E | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marcel duchamp |  Facebook |

24/10/2008

Cinéma

Mais c'est surtout vers le cinéma que Man Ray s'orienta vers la fin de sa carrière en exécutant en 1923 Le Retour de la Raison présenté à la soirée dada du Coeur à Barbe. Il réalisa ce film la veille de sa projection en filmant une spirale de papier en mouvement et en parsemant la pellicule vierge de clous et de punaises. Les seuls éléments concrets du film étaient les lumières d'une foire et le corps nu d'une femme. 


Man Ray: Le Retour à la raison - 1923
En 1927, il réalise sont deuxième film: Emak-Bakia. Man Ray y mêle des vues abstraites et des gros plans d'objets rendus ainsi méconnaissables. En plein milieu de la projection apparaissent sur l'écran les mots "la raison de cette extravagance". Voici les images qui suivent en guise d'explication: un homme tenant à la main une petite va­lise descend d'un taxi. Il entre dans un studio, ouvre sa valise qui contient des dizaines de faux cols qu'il se met à déchirer un à un. Il se regarde dans un miroir avant de déchirer son propre col, qu'il jette près des autres cadavres de cols qui se mettent à danser. Pendant la dernière scène du film apparaît une femme avec de faux yeux peints sur ses paupières fermées...


Man Ray: Emak-Bakia - 1927
En 1929, le Vicomte de Noailles invite Man Ray à venir tourner Le Mystère du Château des Dés dans sa propriété. Pour que les invités du vicomte ne soient point reconnus, Man Ray couvre leur visage d'un bas noir. Ces personnages évoluant dans un décor cubiste de la propriété d'Hyères provoquent un effet insolite purement surréaliste. 

Le dernier film de Man Ray, intitulé L'Etoile de Mer, fut réalisé en 1929. Cette illustration d'un poème de Desnos emploie le procédé du flou et de la déformation pour créer un effet plus poétique. Avec ce film, Man Ray abandonne la blague de style dada au profit de l'humour surréaliste: un homme et une femme entrent dans une chambre. La femme se déshabille, s'allonge sur le lit et dit adieu à l'homme qui s'en va après lui avoir chastement baisé les mains.


Man Ray: L'Etoile de Mer - 1929
Marcel Duchamp, créateur des ready-made, fut, lui aussi un brillant cinéaste. En 1926, dans Anemic-Cinéma, il fit intervenir ses roto-reliefs dont les mouvements rotatoires ensorcelaient les spectateurs. Entre deux séquences où apparaissaient ces roto-reliefs, le spectateur pouvait voir successivement des visages de femmes, un char d'assaut en action, un militaire décoré, un buste de Napoléon éclatant, et un militaire pleurant sur un divan... 


Marcel Duchamp: Anemic-Cinema - 1926
En 1920, dans Moustiques domestiques demi-stock (aujourd'hui détruit), Duchamp fut le premier à employer le procédé de relief avec des lunettes rouges et vertes (procédé anaglyphe).

Jacques Prévert, poète plein de légèreté, de fantaisie, d'amour et de révolte totale, écrivit surtout des scénarios. Citons notamment avec Marcel Carné, Drôle de Drame (1957), Les Portes de la Nuit (1946), Le Jour se Lève (1959) avec Laroche, Les Visiteurs du Soir (1942); avec Renoir, Le Crime de M.Lange (1955) avec Gremillon, Lumière d'été (1942); avec Grimaud, Le Petit Soldat (1947), avec André Cayatte, Les Amants de Vérone (1949) et avec son frère Pierre Prévert, L'Affaire est dans le sac (1932), Adieu Léonard (1943) et Voyage Surprise (1946). 

Antonin Artaud joua dans de nombreux film: La Passion de Jeanne d'Arc, Lucrè­ce Borgia, Napoléon, L'Opéra de Quat'Sous et Faits Divers. Il écrivit également le scénario de La Coquille et le Clergyman, mis en scène par Germaine Dulac qui, malheureusement, en trahit l'esprit. Artaud en profita pour créer un scandale accompagné de son ami Desnos, il tint à haute voix, au cours d'un pro­jection du film, le dialogue suivant: "Qui a fait ce film? - C'est Mme Ger­maine Dulac. - Qu'est-ce que Mme Dulac? - C'est une vache!" Le directeur vou­lut intervenir, mais les surréalistes présents ripostèrent violemment et déclenchèrent une bagarre. Nous devons encore à Artaud les scénarios de La Révolte du Boucher, 18 secondes et de Les 32

Hans Richter se consacra lui aussi au cinéma et réalisa Dreams that money can buy, composé de sept séquences réalisées sur un thème préposé par des peintres (Calder, Ernst, Duchamp, Man Ray...). Richter réalisa aussi Narcissus et 8x8 en collaboration avec Duchamp (sur le thème des jeux d'échec).


Hans Richter: Dreams that money can buy
Bon nombre de surréalistes écrivirent des scénarios ou collaborèrent à des films. citons entre autres Soupault (Indifférence, Coeur volé), Péret (Midi), Desnos, Dali (Babacuo, Le Chien Andalou, L'Age d'Or), Breton, Eluard (projet avorté), J.P. Brunius (Elle est Bicimidine, Records 37, Violon d'Ingre) et Magritte (Fleurs Meurtries en collaboration avec Roger Livet). 

Mais à juste titre, c'est Luis Bunuel qui est resté le plus connu des cinéastes de tendances surréalistes. Né en 1900 en Espagne, à Calanda, il fit la connaissance de Dali et se lia d'amitié avec lui. Assistant de Jean Epstein à Paris, il eut de nombreuses occupations cinématographiques en Espagne, aux Etats Unis et au Mexique. 

Le Chien Andalou, premier film surréaliste tourné par Bunuel, fut réalisé en collaboration avec Salvador Dali. Présenté en 1928 au Vieux Colombier, il en­thousiasma les surréalistes qui proposèrent à Dali d'entrer dans leur groupe. Dali et Bunuel avaient réalisé ce film de façon à ce que le spectateur moyen ne puisse supporter sa vision: on y voyait en effet un oeil de jeune fille coupé par une lame de rasoir, quatre chiens morts en état de putréfaction placés dans des pianos à queue, une vraie main coupée, un oeil de vache et trois nids de fourmis...

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Affiche pour Le Chien Andalou de Luis Bunuel et Salvador Dali
Dans L'Age d'Or, la contribution de Dali ne sera que minime. Dans Vie Secrète de Salvador Dali, Dali écrit:

Dans mon idée, ce film devait traduire la vio­lence de l'amour imprégné par la splendeur des créations des mythes catholi­ques... Bunuel tournait seul l'Age d'Or, j'en étais donc pratiquement écarté... Bunuel venait de finir l'Age d'Or, je fus terriblement déçu. Le film n'était plus qu'une caricature de mes idées. Le catholique était attaqué de façon primaire et sans aucune poésie... 

Une première séquence montrait un combat de scorpions, puis des squelettes sur un rocher, recouverts d'ornements épiscopaux. On voyait ensuite une femme embrassant les doigts de pied d'une statue, un homme donnant un coup de pied dans le ventre d'un aveugle et le Christ montant en croix, dépouillé de sa barbe... 

Dans ce long métrage, intervenait pour la première fois les leitmotivs chers à Bunuel qui, établissent le rapport entre les différentes séquences. Des sons de certaines séquences se prolongent dans les séquences suivantes pour insis­ter sur le rapport entre les différents personnages et, pour la première fois, Bunuel emploie le procédé du dialogue intérieur.

Dans son admirable livre sur Le Surréalisme au Cinéma, Ado Kyrou dit, à pro­pos de ce film: 

Bunuel ayant à décrire l'amour a lancé à la police, la famille, l'armée, les plus vigoureuses gifles qu'elles aient jamais reçues de l'écran, et ainsi l'amour apparaît seul, grand, espoir unique, révolte majeure de l'homme.

Du 28 octobre au 5 décembre 1930, le film est présenté sans incidents au Studio 28. Le 3 au soir se trouvent présents dans la salle de projection des représentants de la Ligue des Patriotes et de la Ligue Anti-Juive. Lorsque sur l'écran apparaît un personnage plongeant un ostensoir dans un ruisseau, quelqu'un crie dans la salle: "0n va voir s'il y a encore des chrétiens en France!". Un autre ajoute: "Mort aux Juifs!" Il n'en faut pas plus pour déclancher la bagarre. Des bombes fumigènes explosent ;les spectateurs sont matraqués; l'écran est maculé d'encre; le mobilier est détruit ainsi que les tableaux de Dali, Ernst, Man Ray, Miro et Tanguy exposé dans le hall d'entrée... Malgré tout, les séances de projection continuent. Le 5 décembre, la préfecture demande la suppression des "passages d'évêques", ce qui est effectué aussitôt. Le 7, une campagne de presse s'organise contre L'Age d'Or et le 11, le film est offi­ciellement interdit.

Les surréalistes réagissent violemment et publient un Questionnaire où ils tirent les conclusions et se demandent:

Faut-il comprendre cette intervention comme une autorisation donné égale­ment à ceux qui estiment outrageante la propagande religieuse d'en interrom­pre par tous les moyens les manifestation (film de propagande romaine, pèleri­nages de Lourdes et de Lisieux, officines d'obscurantisme, telles que Bonne Presse, Congrégation de l'Index, églises, etc., perversions de la jeunesse dans les patronages et les préparations militaires, prêches à la radio, magasins de crucifix, couronnes d'épines)? 

Heureusement, malgré cette violente campagne, Bunuel est devenu l'un des plus célèbres cinéastes surréalistes et nous lui devons de nombreux autres films qui sont et resteront des chefs-d'oeuvre du cinéma: Las Hurdes, Los Olvidados, Subida al Cielo, El Bruto, Robinson Crusoe, Ensayo de un Crimen, Cela s'appelle l'Aurore, La Mort en ce Jardin, Nazarin, La Fièvre monte à El Pao, The Young One, Viridiana, El Angel Exterminator et Le Journal d'une Femme de Chambre.

22/10/2008

Expositions

En 1936, chez Charles Ratton à Paris, avait lieu la première exposition d'objets naturels, naturels interprétés, naturels incorporés, objets perturbés, objets trouvés, objets trouvés interprétés, objets américains et océaniens, ready-made, objets mathématiques et objets surréalistes. 

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Exposition d'objets surréalistes - Galerie Charles Ratton - Paris

Citons parmi les objets exposés par les artistes surréalistes: Trousse de Naufragé de Arp, Veston Aphrodisiaque de Dali, Arrivée de la Belle Epoque de Dominguez, Homma­ge à Paganini de Maurice Henry (un violon entièrement pansé de bandes Velpeau), Le Spectre du Gardénia de Marcel Jean, Cadeau de Man Ray, des objets-poèmes ou tableaux-objets de Breton, Tasse, soucoupe et cuillère (revêtues de fourrure), Miss Bardenia de Oppenheim.

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Salvador Dali: Taxi pluvieux - 1938 - Photo de Denise Bellon

En 1938, une exposition du même type était organisée à la Galerie des Beaux-Arts. Le clou de l'exposition était le Taxi pluvieux de Salvador Dali: un mannequin y figurait une cliente assise au milieux des légumes , le taxi, arro­sé d'eau, était envahit par une multitude de véritables escargots. 

Une "rue surréaliste" était peuplée d'une vingtaine de mannequins composés par Dali (Petite Cuillère), Dominguez (Un siphon), Duchamp (Un veston), Ernst (Veuve court vêtue), Henry (Coton hydrophile), Masson (Tête dans une cage et bâillon avec une pensée sur la bouche), Man Ray (Une pleureuse aux larmes de cristal), Malet (un mannequins avec un poisson rouge dans le ventre), Arp, Epinoza, Matta, Miro, Paalen, Sonia Mossé et Seligmann.

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Marcel Duchamp: La grande Salle - 1938

Suivait alors la "Grande Salle" de Duchamp: par terre, des feuilles mortes autour d'une mare broussailleuse; au plafond, 1.200 sacs de charbon; au centre, un brasero rougeoyant et dans les quatre coins, des lits profonds… Dans cette salle se trouvaient également de nombreux objets tels que Rotative demi-sphère de Duchamp, L'Ultra-meuble de Seligmann, le Couvert de fourrure de Qppenheim et le Gramophone de Dominguez (le pavillon engouffre des jambes de femme et le bras de lecture est remplacé par une main caressant un sein mis en place du disque). 

A New York en 1942, Duchamp organise une autre exposition d'objets dans des locaux dont il a tapissé les murs d'immenses enchevêtrements de ficelles. L'américain Joseph Cornell participe à cette exposition en présentant ses boîtes vitrées enfermant des objets divers.  

En 1947, à Paris (Galerie Maeght), une exposition est organisée sur le modèle d'un chemin initiaque. Après avoir traversé la Salle des Superstitions et être passé sous une pluie purificatrice, le spectateur entrait dans un laby­rinthe où douze autels étaient dédiés à des objets: Tigre mondain de Jean Ferry, Soigneur de Gravité de Duchamp, Chevelure de Falmer de Wilfredo Lam, Loup-Table de Brauner et de nombreuses autres sculptures-objets.

L'exposition était réalisée par l'architecte Wiesler: 27 pays et 87 artistes y participaient et le catalogue de luxe (Le Surréalisme en 1947) était orné d'un sein de en femme en caoutchouc de Duchamp avec la mention: "prière de toucher"…

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Meret Oppenheim: Das Frühlingsfest - Exposition E.R.O.S. (Exposition inteRnatiOnale du Surréalisme) - 1959
 

En 1959, Galerie Daniel Cordier, s'ouvrait l'Exposition inteRnatiOnale du Sur­réalisme consacrée à Eros comme son nom l'indique. Duchamp en avait composé le plafond en satin rosé de l'entrée et le spectateur traversait une "porte vaginale" pour pénétrer dans le "labyrinthe peuplé de soupirs et de pâmoi­sons, vers une Chambre des Fétiches et une salle rouge où se déroulait un provocant festin de cannibales". 

Il est évident que ces sortes de manifestations contribuèrent à donner naissance à cet art-jeu dont se réclama par la suite la jeune génération d'artistes tels que Niki de Saint-Phalle, Jean Benoit, Pol Bury, Phillipe Hiquily, Tinguely et César.

20/10/2008

Procédés plastiques

B. Procédés plastiques. 

Plâtres peints (Janko, 1916) 

Relief: des formes de bois plan découpé sont superposés à plat sur une surface et peintes à volonté (Arp, 1917, Mortensen)

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Kurt Schwitters: Relief
 

Reliefs-montages: des morceaux de bois sont ajustés de sorte à composer des agencements de formes en relief, dans lesquelles peuvent être adjoints des matériaux ou objets divers: tissus, etc. (Schwitters, 1920) 

Traces de doigts dans la pâte picturale (Charchoune; grottes du paléolithique) 

Adjonction dans la couche peinte: on fixe, le plus souvent à la colle, des matériaux hétérogènes: sciure, sable, chiffon, liège, éclats de verre et tous objets qu'on voudra (Picasso 1911-1912; Schwitters, 1919) 

Tableaux-objets: composition de menus objets et détritus collés sur un plan, sans peinture (Collages Merz de Schwitters, 1919; Daniel Spoerri, Tableaux-Pièges, 1960) 

Papiers lacérés: des feuilles de papiers collées les unes sur les autres sont déchirées, comme il arrive sur les panneaux d'affichage (Léo Malet, 1938; Raymond Hains, 1950) 

Raclage au moyen d'un peigne, d'une règle, etc.; racler la surface peinte encore fraîche en déterminant des formes dont la couleur est fonction du dessous (Ernst, 1927; Esteban Francès, 1936; Kujavsky, 1946; Picasso et Braque, 1912) 

Aérograghie: peinture au pistolet (Man Ray, 1916) 

Dripping: à quelque distance du subjectile posé à plat, promener un chinois (de pâtissier) ou une boîte de Duco percée d'un trou et remplie de couleur, en sorte que la coulée de matière laisse les traces de cette "oscillation gestuelle" (Ernst, 1942; Polock, 1946) 

Tableau de sable: une toile, qui peut être préalablement peinte est pesée à plat aspergée de colle, puis couverte d'une couche de sable; on redresse la toile, le sable tombe, sauf aux endroits ou la colle le retient (Masson, 1927) 

Surfaces lithochroniques: grandes toiles où des formes gestuelles se superposent (Dominguez, 1939) 

Peinture à la cire: sur un panneau de carton ou papier (le dessin est préalablement établi), on applique au couteau truelle une couche onctueuse de cire tiède, malaxée avec un peu de couleur. Le dessin peut être repris par-dessus en creux (Brauner, 1943) 

Peinture à la gouache ou à l'huile sur différents subjectiles: grosse toile non préparée (Klee, 1917), feutre (Dominguez, 1945)

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Marcel Duchamp: Petit Verre

Verre: sur une plaque de verre, on dessine par différents procédés (lavis, rayures, "huile et métal", etc.). Puis on peut ajuster sur elle une deuxième vitre, en sorte que l'image soit prise entre les deux plaques (Duchamp et Man Ray 1913-1915); tableaux composés d'éclats de verre (Jean Crotti, 1916) 

Toutes ces techniques, aussi ingénieuses qu'elles soient, ne visent uniquement qu'à nous mener dans un autre monde.  

Selon Salvador Dali, le peintre surréaliste 

évitera avec soin de mettre en présence dans ses tableaux, les objets qu'il est normal de voir rapprochés, mais il s'appliquera à créer les rencontres les plus stupéfiantes, les plus délirantes. 

Ainsi, le peintre surréaliste a la possibilité de traduire l'irrationnel en groupant simplement des objets réels de façon à ce que leur assemblage frappe le spectateur. Chaque objet peut ainsi "entretenir avec son voisin un dialogue aux résonances infinies."

11/10/2008

L'humour

Contrairement aux dadaïstes à l'esprit destructeur et nihiliste, les surréalistes veulent démolir la réalité qui les entoure pour en créer une nouvelle, une surréalité. Pour cela, il faut d'abord se libérer des contrain­tes sociales et de la réalité quotidienne et, pour s'attaquer aux principes établis les surréalistes eurent recours à l'humour qui nous permet d'envi­sager le monde sous un angle différent en brisant les relations familières des objets. 

L'humour qui nous surprend et nous dépayse est en effet particu­lièrement apte à nous libérer et nous exalter. Pour les surréalistes, l'humour 

est dans son essence, une critique intuitive et implicite du mécanisme mental conventionnel, une force qui extrait un fait ou un ensemble de faits de ce qui est donné" comme leur normale, pour les précipiter dans un jeu vertigineux de relations inattendues et surréelles. Par un mélange de réel et de fantastique, hors de toutes les limites du réalisme quotidien et de la logique rationnelle, l'humour, et l'humour seul, donne à ce qui l'entoure une nouveauté grotesque, un caractère hallucinatoire d'inexistence et une importance dérisoire, à côté d'un sur­sens exceptionnel et éphémère, mais total… 

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Jacques Prévert.

C'est surtout en poésie que l'humour surréaliste a trouvé son terrain de prédilection et en particulier dans l'oeuvre de Jacques Prévert qui nous propose des images pleines de verve telles que dans ce très court poème: 

Le Dernier Carré 

Un alcoolonel d'infanterie tropicale
frappé d'hémiplégie anale
s'écroule dans le tourniquet aux tickets
bloquant à lui seul
l'entrée d'une exposition coloniale

Ses dernières paroles
Ils ne passeront pas 

Jacques prévert dédicace sur dessin dans le livre Fatrats 1966


Jacques Prévert: dédicace dans son livre Fatras - 1966

Le poète belge Achille Chavée fait preuve d'une verve beaucoup plus pi­quante dans Décoctions dont sont extraites les phrases suivantes: 

Si les huîtres savaient à quoi servent les perles! 

Ce n'est pas parce que l'on a mangé une fois du caviar que l'on a traversé la Volga à la nage. 

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Marcel Duchamp: Ready Made.

Quant à Marcel Duchamp, il trouve, pour intituler ses oeuvres, des titres aux allitérations humoristiques telles que Moustiques domestiques demi-stock (titre d'un film), Rrose Sélavy et moi esquivons les ecchymoses des esquimaux aux mots exquis et La Joconde L.H.O.O.Q. 

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Collage de Max Ernst.

L'oeuvre de Max Ernst est, elle aussi, imprégnée de cet humour que l'on retrouve en particulier dans ses collages dont André Breton disait: 

Il n'est rien de plus accompli, de plus exemplaire que ses trois romans en collage: La Femme 100 têtes, Rêve d'une Petite Fille qui voulu entrer au Carmel, Une Semaine de Bonté ou Les Sept Péchés Capitaux. 

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René Magritte: La Lunette d'Approche.


Mais le plus humoristique des peintres surréalistes est, à n'en pas douter, le peintre belge René Magritte qui peignit une pipe en dessous de laquelle figurait l'inscription Ceci n'est pas une pipe. Son tableau intitulé Ceci est un morceau de fromage se contentait de représenter… un morceau de fromage. On doit aussi à Magritte des dessins d'objets portant, en dessous, le nom d'autres objets servant de légende, ainsi que le dessin d'une plaque métallique posée debout à côté d'un groupe d'arbres et portant l'inscrip­tion "Personnage éclatant de rire".

Les cinéastes d'inspiration surréaliste ne manquèrent pas non plus d'exploiter le comique issu des situations les plus invraisemblables, des dialogues les plus inattendus et des juxtapositions d'images les plus éton­nantes.  

Les surréalistes recherchèrent le dépaysement complet en séparant des objets et en les regroupant de façon inattendue et humoristique ou en les replaçant dans un décors insolite (Dali remplit un jour un taxi d'une multitude d'escargots).  

Isidore Ducasse prétendait que le beau peut naître "de la rencontre sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie". 

Une réalité toute faite dont la naïve destination a l'air d'avoir été fixée une fois pour toutes (un parapluie) se trouvant en présence d'une réalité autre très distante et non moins absurde (une machine à coudre) en un lieu où toutes deux doivent se sentir dépaysées (sur une table de dissection), échappera par ce fait même à sa naïve destination et à son identité; elle passera de son faux absolu, par le détour d'un relatif, à un absolu nouveau, vrai et poétique?

27/09/2008

Déclarations dadaïstes

La raison est une lumière qui fait voir les choses comme elles ne sont pas, et puis, du reste, comment sont-elles?

Picabia 

C'est fini la peinture. Qui ferait mieux que cette hélice? Dis, tu peux faire ça? 

Duchamp 

Je suis pour l'action, pour la continuelle contradiction aussi; je ne suis ni pour ni contre et je n'explique pas, car je hais le bon sens.  

Tzara 

Chaque page doit exploser, soit par le sérieux profond et lourd, le tourbillon, le vertige, le nouveau, l'éternel, par la blague écrasante, par l'en­thousiasme des principes ou par la façon d'être imprimée.  

Qu'est-ce que c'est beau? Qu'est-ce que c'est laid? Qu'est-ce que c'est grand, fort, faible? Qu'est-ce que c'est Carpentier, Renan, Foch? Connais pas. Qu'est-ce que c'est moi? Connais pas, connais pas, connais pas. 

Ribemont-Dessaigne 

Dada est l'art sans pantoufles ni parallèles; qui est contre et pour l'uni­té et décidément contre le futur... Nécessité sévère sans discipline ni mo­rale et crachons sur l'humanité.  

Tzara.  

PANTINS-PANTINS-PANTINS - voulez-vous de beaux pantins de bois coloriés? Deux yeux flamme-morte et la rondelle de cristal d'un monocle - avec une pieuvre machine à écrire - j'aime mieux. 

Plus de peintres, plus de littérateurs, plus de musiciens, plus de sculpteurs, plus de religions, plus de républicains, plus de royalistes, plus d'impérialistes, plus d'anarchistes... plus rien, rien, RIEN, RIEN, RIEN. 

Vaché.

16/09/2008

Marcel Duchamp

C'est au cours de cet Armory Show que les trois frères Duchamp présentèrent leurs oeuvres au public américain, mais c'est surtout Marcel Duchamp qui se fit remarquer en exposant "Nu descendant un escalier", "Portrait de joueurs d'échec" et "Le roi et la reine entourés de nus vite". La première de ces toiles suscita un véritable scandale: Marcel Duchamp, sous l'influence du mouvement futuriste de la même époque, y représentait un nu dans cinq positions différentes se superposant. Il devait déclarer à propos de ce premier succès:

Je ne me rendais pas compte moi-même de l'importance que ce succès pouvait avoir dans ma vie. 

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Portrait de Marcel Duchamp.

Dans un entre­tien avec Pierre Cabanne, il ajoute: 

Ce qui a contribué à l'intérêt provoqué par cette toile, c'est le titre. On ne fait pas une femme nue qui descend un escalier, c'est ridicule. Cela ne vous semble plus ridicule maintenant parce qu'on en a beaucoup parlé, mais quand c'était nouveau, surtout vis à vis du nu, ça paraissait scan­daleux, un nu doit être respecté... Sur le plan religieux, puritain, il y a eu aussi une offensive. Tout cela a contribué au retentissement du tableau. Et puis il y a eu les peintres de l'autre bord qui s'y sont opposés carrément. Cela a déclenché une bataille. J'en ai profité, voilà tout. 

nu descendant un escalier


Marcel Duchamp - Nu descendant un escalier.

Poussé par ce succès, Marcel Duchamp quitte Paris en 1915 et se rend à New-York. Dans ses bagages, il transporte un ballon de verre qui, provenant de Paris, contient évidemment de l'air de Paris, comme cadeau pour san ami Arensberg qui deviendra par la suite son collectionneur exclusif. 
 

A New York, Duchamp se fait de nombreux amis parmi lesquels le musicien Egard Varèse, Henri-Pierre Roché (auteur de Jules et Jim), Man Ray, Picabia, Arthur Cravan, Stieglitz et le peintre américain Arthur Dove. 

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Marcel Duchamp: Porte-bouteille.

En 1915, il présente au public américain ses "ready-made": roue de bicyclette montée sur un tabouret, un porte-bouteilles, et, finalement, un urinoir qu'il s'est contenté de signer. Duchamp nous explique lui-même comment il découvrit ses "ready-made":
 

Déjà en 1913, j'avais eu l'heureuse idée de monter la roue d'une bicyclette sur un tabouret de cuisine et d'observer sa manière de tourner. Quelques mois plus tard, j'ai acheté une reproduction bon marché d'un paysage d'hiver que j'ai appelle "Pharmacy", après y avoir ajouté deux petites touches à l'horizon une rouge et une jaune. A New York en 1915, j'ai acheté dans une quincaillerie une pelle à neige, sur laquelle j'ai inscrit "In advance of a broken arm" (En prévision d'un bras cassé). C'est à peu près à cette époque que le mot "ready-made" m'est venu à l'esprit pour désigner ce genre de manifestation. Un certain état de chose que je tiens à élucider est que le choix de ces "ready-made" n'était jamais dicté par une délectation esthétique. Ce choix était toujours basé sur une réaction d'indifférence visuelle, en même temps q'une absence totale de bon ou mauvais goût... en fin de compte une anesthésie complète. 

Une des caractéristiques importantes réside dans la brièveté des phrases dont je ne servais occasionnellement pour titrer mes "ready-made". De telles phrases sont destinées à conduire les pensées des spectateurs vers d'autres domaines verbaux (littéraires). Quelquefois, j'ajoutais un détail graphique destiné à satisfaire mon goût de l'allitération - alors je l'appelais "ready-made aided" (ready-made aidé ou fabriqué). Une autre fois, afin de mettre en évidence l'in­compatibilité fondamentale et la contradiction de l'art et du "ready-made", j'ai inventé un "reciprocal ready-made": un Rembrandt utilisé comme planche à repasser. 

Je réalisais très vite le danger d'une répétition arbitraire de cette forme d'expression et décidais, en conséquence, de limiter la production de "ready-made" à un petit nombre par an. Je me rendais compte à l'époque que l'art est pour les spectateurs plus que pour l'artiste lui-même un moyen de provoquer une obsession comparable à l'opium, et je voulais protéger mes "ready-made" de telles impuretés. 

Un autre aspect des "ready-made" est leur marque d'unicité... La reproduction d'un "ready-made" transmet le même message... en fait, presque aucun des "ready-made" qui existent aujourd'hui n'est un original dans le sens conventionnel du mot. Encore, pour terminer, une remarque concernant ce cercle vicieux puisque tous les tubes de couleurs que l'artiste utilise sont des produits indus­triels et "ready-made", nous devons conclure que tous les tableaux dans le monde sont des "ready-made". 

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La Joconde L.H.O.O.Q.

En 1919, Marcel Duchamp pare une reproduction de la Joconde d'une paire de moustaches et l'intitule "La Joconde L.H.O.O.Q." Il dessine aussi un chèque entièrement à la main et intitule une fenêtre fermée "La Bataille d'Austerlitz". Quant à "Why not sneeze Rose Sélavy?" (Pourquoi ne pas éternuer Rose Sélavy?), c'est une cage remplie de morceaux de marbre découpés en forme de carrés de sucre. "Rose Sélavy" a été souvent employée par Duchamp pour ses démonstrations poétiques telles que "Rose Sélavy et moi esquivons les ecchymoses des Esqui­maux aux mots exquis".
 

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Marcel Duchamp: Grand Verre.

Avec la collaboration de son ami Man Ray, Duchamp crée deux revues: The Blind Man et Rongwrong. Cette dernière, particulièrement destinée aux aveugles, avait une couverture qui représentait deux chiens se saluant à la manière des chiens. En 1918, il termine dans son atelier à l'Upper Broadway à New York, son oeuvre maîtresse: c'est une peinture sur verre de grand format intitulée "Grand Verre" ou encore "La Mariée mise à nu par ses célibataires même". Chaque détail de cette oeuvre a été calculé minutieusement dans de nombreux dessins préparatoires. Pendant un an et demi, Marcel Duchamp y laissa la poussière s'y dépo­ser pour obtenir une certaine qualité picturale. Puis, après que Man Ray l'ait photographié, il nettoyé son "Grand Verre" à l'exception de certains endroits où il fixe la poussière donnant ainsi une légère coloration jaunâtre. Le verre terminé fut transporté à une exposition à Brooklyn. Pendant le transport, le verre se cassa de sorte que de fines fissures se sont formées, telles une toile d'araignée dont les lignes traversaient les figurations. Marcel Duchamp a re­connu ce hasard de la cassure et c'est avec ces nouvelles lignes dans le verre comme dernier raffinement que l'oeuvre a été déclarée terminée en 1925.
 

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Marcel Duchamp: Urinoir.

Depuis lors, Duchamp abandonne peu à peu le domaine artistique pour se consacrer uni­quement aux échecs. Cependant, on lui doit encore quelques oeuvres telles que "Moulin à Café", "Broyeuse de Chocolat". "La Fiancée" est composée de segments de cercles isolés qui tournent et appellent ainsi des effets optiques de cercles et de spirales à 5 dimensions.
 

Il créa aussi un certain nombre de vitres qui, mises en mouvement, posaient des problèmes d'effets optiques apparents et "psysiologicovisuels". Ces dernières expériences eurent une considé­rable influence sur le groupe N de Padoue, le groupe T de Milan et le Groupe de Recherche Visuelle de France ainsi qu'en Espagne et en Allemagne. 

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Marcel Duchamp: Why not snooze Rose Selavy - 1919.
 

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Marcel Duchamp.