03/03/2009

Jacques Prévert - La belle saison

A jeun perdue glacée
Toute seule sans un sou
Une fille de seize ans
Immobile debout
Place de la Concorde
A midi le Quinze Août. 

le rendez vous des amis [web520]


Max Ernst - Le rendez-vous des amis


02/03/2009

Jacques Prévert - Le dernier carré

Un alcoolonel d'infanterie tropicale
frappé d'hémiplégie anale
s'écroule dans le tourniquet aux tickets
bloquant à lui seul
l'entrée d'une exposition coloniale
Ses dernières paroles: Ils ne passeront pas.

silence [web520]


Max Ernst


14/11/2008

Max Ernst

max_ernst par wolsMax Ernst, peintre français d'origine allemande, est né à Brühl, près de Cologne en 1891. Son père, pieux et autoritaire, était directeur d'une école de sourds et muets et pratiquait la peinture en tant que délassement. D'un carac­tère très nerveux, Max passe une enfance heureuse, mais déjà hantée par le rêve. A l'âge de Six ans, il est violemment frappé par la mort de sa soeur Maria. 

De 1908 à 1914, il fait des études de philosophie à Bonn. En 19II, il visite une exposition du Sonderbund de Cologne et est frappé par les peintures de Picasso et des peintres de l'école de Paris. C'est alors qu'il décide de devenir pein­tre. 

En 1915, il se rend à Paris. A cette époque, il peint des toiles expression­nistes et est influencé par le mouvement Der Sturm. Après la guerre, en 1918, Ernst se marie et revient à Cologne; l'année suivante, il publie un album de huit lithographies intitulé Fiat Modes, pereat ars (dont il détruisit l'édition) où l'influence de Chirico et du futurisme se faisait sentir. C'est toujours en 1919 qu'il réalise Trophée hypertrophique (dessin) ainsi que ses premiers collages comme C'est le Chapeau qui fait l'Homme et l'album Patagag (Fabrication de ta­bleaux garantis gazométriques) qu'il réalise en collaboration avec Arp et Baargeld à Cologne, puis avec Arp et Tzara en 1921 au Tyrol autrichien.

 célèbes 1921 [web520]


Max Ernst - Célèbes - 1921
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Max Ernst - Dessin dans la nature - 1947 
Parmi ces collages, réalisés à l'aide de gravures découpées, citons entre autres: La Phallustrade, Moulin à os pour Coiffeur pacifique, L'Amertume du matelat, et surtout Deux Figures ambiguës (1919) et l'Enigme de l'Europe centrale (1921). En 1919, Ernst fonde avec Arp et Baargeld le mouvement dada de Cologne et, l'an­née suivante, l'exposition Dada de la brasserie Winter est fermée par la police. 

La première exposition d'Ernst à Paris à lieu en 1920 à la galerie Sans-Pareil, grâce à Breton qui s'enthousiasme pour les collages de Ernst. En 1921, Max Ernst peint Oedipus rex et L'Eléphant Célébès. Ces deux toiles sont immédiatement achetées par Breton. En 1922, Ernst arrive à Paris. Sans papiers, sans travail, il s'embauche dans une fabrique. Installé à Saint-Brice, près de Montmorency, il con­tinue cependant à peindre des toiles comme Piéta, ou La Révolution de la Nuit, Le Cerveau de l'Enfant, Sainte Cécile et L'Immaculée Conceptionernst-max-die-ganze-stadt-1935-36-9700787 [web520]


Max Ernst - La grande ville - 1935
C'est alors qu'il réalise Deux Enfants sont menacés par un Rossignol, une de ses oeuvres capitales. C'est un panneau peint à l'huile où ont été ajoutés en reliefs des éléments de la maison. Eluard, qui se trouve alors à Singapour, écrit à sa femme Gala et à Ernst de le rejoindre. Gala et Ernst partent aussitôt. Eluard revient avec sa femme et Ernst, après un séjour à Saigon, revient en France. On est en 1924: le groupe surréaliste vient de se former et Breton vient de publier son Manifeste

En 1925, année où il expose Galerie Pierre et où il signe son premier contrat chez Jacques Viot, Ernst découvre le procédé du frottage. Dans Comment on force l'inspiration, le peintre raconte: 

Partant d'un souvenir d'enfance au cours duquel un panneau d'acajou, situé en face de mon lit, avait joué le rôle de provocateur optique d'une vision de demi-sommeil et me trouvant, par un temps de pluie, dans une auberge au bord de la mer je fus frappé par l'obsession qu'exerçait sur mon regard irrité le plancher dont mille lavages avaient accentué les rainures. Je me décidai alors à interroger le symbolisme de cette obsession, et, pour venir en aide à mes facultés médita­tives et hallucinatoires, je tirai des planches une série de dessins, en posant sur elles, au hasard, des feuilles de papier que j'entrepris de frotter à la mine de plomb. 

l ange du foyer ou le triomphe du surrealisme 1937 [web520]


Max Ernst - L'Ange du foyer ou le triomphe du surréalisme
la femme chancelante 1923 [web520]
Max Ernst - La Femme chancelante - 1923
Plus tard, Ernst étendit ce procédé à toutes sortes de surfaces telles que feuilles, toile de sac, etc. C'est de ce procédé que sorti le magnifique album intitu­lé Histoire naturelle qui parût en 1926, préfacé par Arp. Cette même année, Ernst réalise en collaboration avec Miro les décors et les costumes de Roméo et Ju­liette pour les Ballets Russes.

La production picturale de Max Ernst devient alors de plus en plus importante. Il peint Idole (1926), faite de frottage, La Nuit d'Amour (1927), La Vierge Marie corrigeant l'Enfant Jésus devant trois témoins, A.Breton, P.Eluard et le peintre (1926). Entre 1926 et 1928, il réalise une série de Fleurs. Vers cette période, il aborde le thème des oiseaux qui ne cessera de le hanter (Monument aux Oiseaux 1927).

Ernst invente le procédé du raclage de la peinture à l'aide d'objets di­vers et réalise ainsi les séries des Forêts et des Villes. En 1929, il publie une série de collages intitulés La femme 100 têtes suivie en 1950 par Rêve d'une petite fille qui voulut entrer au carmel et en 1934 par Une Semaine de Bonté. Il peint encore Jardins gobe-avions (1935), Portrait volé (1934) et un Ancien Combattant (1935), La Nature et l'Aurore (1937). Il emploie alors le procédé de décalcomanie inventé par Dominguez et réalise Le Fascinant Cyprès (1940).

la fprêt [web520]


Max Ernst - La Forêt
la mariée du vent [web520]
Max Ernst - La Mariée du Vent
En 1939, sujet allemand, Ernst est interné à Bargentière, puis au camp des Milles. Après la libération, Ernst émigre vers New York où il arrive en juillet 1941. L'année suivante, il épouse la milliardaire Peggy Guggenheim. C'est le début d'une grande période dans l'oeuvre de Ernst qui peint successivement L'Anti-Pape (1942), L'Oeil du Silence (1944), Cocktail Drinker (1945) et Noces Chimiques (1948). 

C'est en Amérique que Max Ernst rencontre Dorothea Tanning, elle aussi peintre surréaliste. Il l'épouse en 1946 et se retire à Sedona dans l'Arizona. 

En 1949, Ernst revient à Paris et, l'année suivante peint La Religieuse Portugaise et expose Galerie Drouin. En 1954, année où il se fixe dans le Val de Loire, il expose Galerie Eduard Loeb et obtient le grand prix de la Biennale de Venise. 

Max Ernst est un des peintres surréalistes les plus inventifs et les plus productif. Son oeuvre est peuplée de personnages de cauchemar, de scènes cruelles, de figures énigmatiques, de visions de paysages désertiques et majestueux ainsi que d'oiseaux maléfiques.

la vierge corrigeant l enfant jesus 1926 [web520]


Max Ernst - La Vierge corrigeant l'Enfant Jésus - 1926
silence [web520]
Max Ernst - Silence
ubu imperator [web520]
Max Ernst - Ubu Imperator

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19/10/2008

Procédés graphiques

Mais les surréalistes ne se bornèrent pas uniquement à ce procédé: leur esprit imaginatif créa de nombreuses autres techniques graphiques et plastiques. Voici, établie par René Passeron, la liste de tous ces procédés. 

A. Procédés graphiques. 

Stoppage-étalon: relevé des déformations d'un fil de 1m. de long tombant trois fois de suite d'une hauteur de 1m. (Duchamp, 1915) 

Taches d'encre et coulures écrasées par pliure du papier (images doubles) ou conduites par inclinations de la feuille, ou libre (Victor Hugo, 1880; Picabia, 1920; les tachistes, 1945) 

Traces de doigts, empreintes de tout objets (éponges, étoffes, etc.) sali d'encre ou de gouache. 

Collages: juxtaposition de fragments découpés dans des gravures, catalogues, magazines, etc. et collés sur une surface en sorte que l'agencement obtenu surprenne l'imagination (Ernst, 1920; Bucaille, 1946; Bona, 1959)

 max ernst collage [web520]


Max Ernst: Collage

Papiers déchirés: des bouts de papier déchirés sont répartis (au hasard ou non) sur une feuille (Arp, 1932) 

Frottage: on frotte avec un crayon la feuille de papier (ou la toile) posée sur une surface rugueuse ou veinée (bois, tissus, vannerie, pièce de monnaie, etc.); les aspérités de cette surface apparaissent sur la feuille (Ernst, 1924) 

Lavis automatique: sur le papier préalablement mouillé, agir à l'encre de Chine en obtenant, suivant le degré d'humidité et le grain de la feuille des efflorescences plus ou moins fines (Klee, 1923; Michaux, 1937)

 man ray rayogramme [web520]


Man Ray: Rayogramme

Rayogrammes (du nom de Man Ray): sur une feuille de papier sensible à la lumière on des objets qui se dessinent en ombres blanches sur fond viré (noir) (Man Ray, Champs délicieux, 1922)

Décalcomanie: étendre de la couleur (gouache ou encre) sur une feuille de papier lisse, appliquer sur cette couche fraîche une autre feuille, puis sépa­rer les deux surfaces (Dominguez, 1935; Marcel Jean, Ernst, Masson sur toile, Bucaille sur plaques de verre pour projections lumineuses, 1947) 

Fumage: approcher de la flamme d'une bougie une surface ininflammable, en sorte que le noir de fumée y laisse des traces (Bryen, 1935; Paalen, 1935) 

Dessin au suif: laisser tomber de la bougie fondue sur une feuille de papier et dessiner, si l'on veut, par-dessus (Bryen, 1935; Brauner, 1942) 

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18/10/2008

La peinture

Selon Max Ernst, 

de même que le rôle du poète est d'écrire sous la dictée de ce qui se pense (s'articule) en lui, le rôle du peintre est de cerner et de projeter ce qui se voit en lui. 

Dali avoue lui-même qu'il n'y a rien d'étonnant à ce que le publie ne com­prenne pas sa peinture puisque lui ne la comprend pas non plus. Ainsi, chaque spectateur est libre d'interpréter le tableau à sa guise. Dali lui-même a peint  

six images simultanées sans qu'aucune subisse la moindre déformation figurative, torse d'athlète, tête de lion, tête de général, cheval, buste de bergère, tête de mort. Des spectateurs différents voient dans ce tableau des images différentes. 

André Breton considère 

qu'il n'existe… aucune différence d'ambition fondamentale entre un poème de Paul Eluard, de Benjamin Péret et une toile de Max Ernst, de Miro, de Tanguy.  

De plus, il arrive parfois que le peintre ajoute à sa toile un poème correspondant au même thème. De nombreux peintres furent aussi de brillants poètes (Arp, Chirico, Dali, Picabia…) 

L'influence du cubisme sur les surréalistes fut considérable et André Breton admirait plus particulièrement Cézanne et Picasso pour son côté hors la loi. C'est à propos de ce dernier qu'il dit notamment: 

il s'est trouvé ainsi constamment en état de défense à l'égard des choses extérieures, y compris de celles qu'il avait tirées de lui-même. Le périssable et l'éphémère à rebours de tout ce qui fait généralement l'objet de la délectation et de la vanité artistiques ont été recherchés pour eux-mêmes. 

Deux tendances principales se manifestent dans la peinture surréaliste: certains artistes tentent d'exprimer leurs rêves, d'autres se contentent de modifier la réalité. 

A la tendance subjective de la peinture appartiennent Francis Picabia, Marcel Duchamp, André Masson, Joan Miro, Yves Tanguy et Matta. De plus, les surréalistes appliquèrent un conseil de Léonard de Vinci: 

Si vous prenez garde aux salissures de quelques vieux murs ou aux bigarrures de certaines pierres jaspées, il s'y pourra rencontrer des inventions et des représentations de divers paysages, des confusions de batailles, des attitudes spirituelles, des airs de têtes ou de figures étranges, des habillements capricieux et une infinité d'autres choses parce que l'esprit s'excite parmi cette confusion et qu'il y découvre plusieurs inventions. 

Selon Breton, 

la portée de cette résolution dépasse de beaucoup en intérêt humain celle d'une technique, quand cette technique serait celle de l'inspiration. C'est tout particulièrement dans cette mesure qu'elle a retenu le surréalisme.

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Max Ernst: Oedipus Rex - 1922

Max Ernst nous relate comment, dans son oeuvre picturale, il partit d'éléments réels pour créer et faire naître le surréel: 

Tombant par hasard eu comme par hasard sur par exemple les pages d'un catalogue où figuraient des objets pour la démonstration anatomique ou physique, nous y trouvâmes réunis des éléments de figuration tellement dis­tants que l'absurdité de cet assemblage provoqua en nous la succession hal­lucinante d'images contradictoires, se superposant les unes aux autres avec la persistance, la rapidité qui sont le propre des souvenirs amoureux. 

Ces images appelaient elles-mêmes un plan nouveau pour leurs rencontres dans un inconnu nouveau (le plan de non-convenance). Il suffisait d'aller ajouter en peignant ou en dessinant, et pour cela en ne faisant que reproduire do­cilement ce qui se voit en nous, une couleur, un griffonnage, un paysage étran­ger aux objets représentés, le désert, le ciel, une coupe géologique, un plan­cher, une seule ligne droite signifiant l'horizon, pour obtenir une image fidèle et fixe de notre hallucination et transformer en un drame révélant nos plus secrets désirs, ce qui auparavant n'était qu'une banale page de publicité. 

C'est ainsi qu'en 1924, Max Ernst en vint à employer le procédé de frottage qui consiste à frotter au crayon une feuille de papier posée sur une sur­face rugueuse pour faire apparaître sur la feuille les aspérités de la surface. 

Les dessins ainsi obtenus perdent de plus en plus, à travers une série de suggestions et de transmutations qui s'offrent spontanément, à la manière de visions hypnagogiques, le caractère de la matière interrogée (le bois) pour prendre l'aspect d'images d'une précision inespérée, de nature probablement à déceler la cause première de l'obsession ou à produire un simulacre de cette cause.

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Max Ernst: Histoire naturelle

C'est par ce procédé qu'il créa son Histoire Naturelle en interrogeant des matières telles que "des feuilles et leurs nervures, les bords effilochés d'une toile de sac…"  

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11/10/2008

L'humour

Contrairement aux dadaïstes à l'esprit destructeur et nihiliste, les surréalistes veulent démolir la réalité qui les entoure pour en créer une nouvelle, une surréalité. Pour cela, il faut d'abord se libérer des contrain­tes sociales et de la réalité quotidienne et, pour s'attaquer aux principes établis les surréalistes eurent recours à l'humour qui nous permet d'envi­sager le monde sous un angle différent en brisant les relations familières des objets. 

L'humour qui nous surprend et nous dépayse est en effet particu­lièrement apte à nous libérer et nous exalter. Pour les surréalistes, l'humour 

est dans son essence, une critique intuitive et implicite du mécanisme mental conventionnel, une force qui extrait un fait ou un ensemble de faits de ce qui est donné" comme leur normale, pour les précipiter dans un jeu vertigineux de relations inattendues et surréelles. Par un mélange de réel et de fantastique, hors de toutes les limites du réalisme quotidien et de la logique rationnelle, l'humour, et l'humour seul, donne à ce qui l'entoure une nouveauté grotesque, un caractère hallucinatoire d'inexistence et une importance dérisoire, à côté d'un sur­sens exceptionnel et éphémère, mais total… 

Jacques-Prevert-1


Jacques Prévert.

C'est surtout en poésie que l'humour surréaliste a trouvé son terrain de prédilection et en particulier dans l'oeuvre de Jacques Prévert qui nous propose des images pleines de verve telles que dans ce très court poème: 

Le Dernier Carré 

Un alcoolonel d'infanterie tropicale
frappé d'hémiplégie anale
s'écroule dans le tourniquet aux tickets
bloquant à lui seul
l'entrée d'une exposition coloniale

Ses dernières paroles
Ils ne passeront pas 

Jacques prévert dédicace sur dessin dans le livre Fatrats 1966


Jacques Prévert: dédicace dans son livre Fatras - 1966

Le poète belge Achille Chavée fait preuve d'une verve beaucoup plus pi­quante dans Décoctions dont sont extraites les phrases suivantes: 

Si les huîtres savaient à quoi servent les perles! 

Ce n'est pas parce que l'on a mangé une fois du caviar que l'on a traversé la Volga à la nage. 

marcel duchamp


Marcel Duchamp: Ready Made.

Quant à Marcel Duchamp, il trouve, pour intituler ses oeuvres, des titres aux allitérations humoristiques telles que Moustiques domestiques demi-stock (titre d'un film), Rrose Sélavy et moi esquivons les ecchymoses des esquimaux aux mots exquis et La Joconde L.H.O.O.Q. 

max ernst collage


Collage de Max Ernst.

L'oeuvre de Max Ernst est, elle aussi, imprégnée de cet humour que l'on retrouve en particulier dans ses collages dont André Breton disait: 

Il n'est rien de plus accompli, de plus exemplaire que ses trois romans en collage: La Femme 100 têtes, Rêve d'une Petite Fille qui voulu entrer au Carmel, Une Semaine de Bonté ou Les Sept Péchés Capitaux. 

rené magritte la lunette d'approche 


René Magritte: La Lunette d'Approche.


Mais le plus humoristique des peintres surréalistes est, à n'en pas douter, le peintre belge René Magritte qui peignit une pipe en dessous de laquelle figurait l'inscription Ceci n'est pas une pipe. Son tableau intitulé Ceci est un morceau de fromage se contentait de représenter… un morceau de fromage. On doit aussi à Magritte des dessins d'objets portant, en dessous, le nom d'autres objets servant de légende, ainsi que le dessin d'une plaque métallique posée debout à côté d'un groupe d'arbres et portant l'inscrip­tion "Personnage éclatant de rire".

Les cinéastes d'inspiration surréaliste ne manquèrent pas non plus d'exploiter le comique issu des situations les plus invraisemblables, des dialogues les plus inattendus et des juxtapositions d'images les plus éton­nantes.  

Les surréalistes recherchèrent le dépaysement complet en séparant des objets et en les regroupant de façon inattendue et humoristique ou en les replaçant dans un décors insolite (Dali remplit un jour un taxi d'une multitude d'escargots).  

Isidore Ducasse prétendait que le beau peut naître "de la rencontre sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie". 

Une réalité toute faite dont la naïve destination a l'air d'avoir été fixée une fois pour toutes (un parapluie) se trouvant en présence d'une réalité autre très distante et non moins absurde (une machine à coudre) en un lieu où toutes deux doivent se sentir dépaysées (sur une table de dissection), échappera par ce fait même à sa naïve destination et à son identité; elle passera de son faux absolu, par le détour d'un relatif, à un absolu nouveau, vrai et poétique?

22/09/2008

Max Ernst

max_ernst par wols [web520]

 

A Cologne, Max Ernst et Baargeld furent les deux principaux représentants du mouvement Dada. 

Max Ernst, né en 1891 à Brühl près de Cologne, suit, dès l'âge de cinq ans, l'exemple de son père, lui aussi peintre, en exécutant une aquarelle représentant sa famille.

En 1897, au cours d'une rougeole, il découvre les hallucinations que lui provoque la texture du bois de son lit. Cette décou­verte lui vaudra par la suite l'invention des "frottages".

En 1906, il entre pour la première fois en contact avec les forces occultes: son oiseau pré­féré meurt alors que sa soeur vient au monde. Pour Max, ces deux faits sont intimement liés. 

 

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Max Ernst: Autoportrait - 1909

Devenu adulte, Ernst collabore à la revue Der Ventilator éditée par son ami Baargeld, puis à Die Schammade, revue d'abord communiste qui s'oriente peu à peu vers Dada et à laquelle collaborèrent aussi André Breton, Eluard et Aragon.

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Max Ernst: Die Schammade.

Arp, Baargeld et Ernst organisent La Première Manifestation Dada qui, vu son caractère provocateur, est rapidement fermée par la police (puis heureusement réouverte) sous le prétexte qu'il faut passer par les toilettes pour entrer dans l'exposition.
 

 

L'amitié qui lie Max Ernst et Baargeld amène la création de tableaux peints en commun. Ernst réalise alors une série de collages intitulés Fatagagas et illustre par des lithographies et des collages les poèmes de Arp.

En 1921, Max Ernst expose ses oeuvres à la Galerie Au Sans Pareil à Paris et dès lors, vivant en France, s'oriente vers le surréalisme.

 

 

19:00 Écrit par Lucky dans 05 Dada-Cologne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : max ernst |  Facebook |